Les négociateurs et signataires Loyalistes et Rassemblement de l’accord de Bougival sont aujourd’hui qualifiés de nationalistes. Entendez qu’ils sont accusés de privilégier une « nation » de Nouvelle-Calédonie, au détriment de la nation française. La Nation est un concept issu de la Révolution française, remplaçant celui, monarchique, des nations rassemblées sous une même couronne. Depuis Renan, on s’interroge sur « qu’est-ce qu’une Nation ? », et il convient pour en parler de relire le texte de la conférence qu’il donna à la Sorbonne en mars 1882. Renan voit dans la Nation « le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis ». C’est exactement le compromis qu’ont cherché à créer les signataires de Bougival qui donc, à ce titre, peuvent en effet être qualifiés de « nationalistes », sans que cela leur fasse injure. Charles de Gaulle, lui aussi, avait une idée de ce que doivent être les rapports des citoyens avec la Nation. « Une nation qui sait ce qu’elle veut, écrivait-il dans ses mémoires, ne revient pas sur sa parole, mais exige qu’on soit fidèle à ce qu’elle aura donné ». Encore faut-il que cette nation sache en effet ce qu’elle veut. Et concernant la Nouvelle-Calédonie, sommes-nous vraiment sûrs de ce que voulait la Nation française ? Et ceux qui en attendaient beaucoup ne lui sont-ils pas restés fidèles jusqu’au bout et encore aujourd’hui ? Poser ces questions, c’est y répondre. Et comme pour un référendum, par un Non et par un Oui !
Nicolas Vignoles




