À quelques heures de la réunion prévue à l’Élysée, Laurent Wauquiez, président de la Droite Républicaine, appelle à la responsabilité et au pragmatisme. Dans cet entretien exclusif, il critique la posture « de blocage » du FLNKS et insiste sur la nécessité de respecter le calendrier de mise en œuvre de l’accord de Bougival, tout en soulignant l’importance de soutenir la voix des Calédoniens favorables à la continuité dans la République française.
La voix du Caillou : Monsieur le président, le FLNKS ne viendra donc pas à l’Élysée, ce qui en soi ne constitue pas une surprise. Aussi, n’est-il pas temps pour l’État de prendre en compte le fait que le FLNKS et son président Christian Tein ne veulent pas du dialogue ni du consensus, et n’en voudront jamais ?
Laurent Wauquiez : Le FLNKS préfère l’enlisement de la Nouvelle-Calédonie à la conclusion d’un accord durable. C’est une véritable stratégie de blocage. La déclaration de Christian Tein, président du FLNKS, est d’ailleurs inquiétante : « Paris est sourd et ne connaît que le rapport de force ». Cette rhétorique de la menace est dangereuse. Le compromis doit aller dans les deux sens. Visiblement, le FLNKS, qui traverse ses propres difficultés, n’y est pas prêt. L’essentiel est d’avancer vers la mise en œuvre de l’accord de Bougival, avec les éléments modérés des forces indépendantistes, comme l’UNI (Union Nationale pour l’Indépendance), et selon le calendrier prévu par le gouvernement.
LVDC : Êtes-vous de ceux qui, comme Naïma Moutchou, pensent cependant que « rien ne se fera sans le FLNKS » ?
LW : Le FLNKS ne représente pas l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie. Les Calédoniens ont voté à trois reprises, avec un corps électoral gelé, pour réaffirmer leur appartenance à la France. Rien ne peut se faire sans la voix des Calédoniens et en dehors du cadre de la République française. Il faut distinguer les acteurs raisonnables des militants indépendantistes, ceux qui sont prêts au compromis, et les courants radicaux représentés par le FLNKS. Nous devons tout faire pour nous rapprocher des forces modérées car un accord durable ne peut se construire sans elles.
Malheureusement, le FLNKS ne reviendra pas à la table des négociations tant qu’il pensera que la rue lui donne plus de pouvoir que la parole donnée. La petite phrase de Christian Tein en est encore la malheureuse illustration. La politique, ce n’est pas la menace, c’est la responsabilité et l’intérêt de la Nation. On ne construit pas un avenir en menaçant la République.
LVDC : L’accord de Bougival, signé par tous les partis politiques calédoniens, est bien fragilisé et l’inquiétude se fait quant à sa mise en œuvre. Pensez-vous que cette réunion du 16 janvier est celle de la dernière chance ?
LW : Je n’ai pas d’information qui me laisserait penser que l’accord de Bougival n’est plus d’actualité. Au contraire, cet accord est une tentative courageuse de sortir du face-à -face entre loyalistes et indépendantistes, et une véritable porte de sortie de la crise politique, institutionnelle et économique. C’est l’intérêt de toutes les forces politiques d’accompagner sa mise en œuvre rapide. Je veux saluer les deux représentants du Rassemblement-LR qui y défendront courageusement les intérêts des Calédoniens : Alcide Ponga et Virginie Ruffenach.
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