On attend donc cette fin de semaine et la réunion convoquée à l’Élysée par Emmanuel Macron. Toutes les délégations devraient y assister, y compris le FLNKS puisque l’on prête l’intention à la présidence d’y convier Christian Tein. Mais tout le monde part à cette réunion, ce conclave, avec des intentions totalement différentes. Aussi si, à l’Élysée, on espère y créer le fameux consensus général auquel tout le monde rêve, ça va être quand même quelque peu compliqué. Entre ceux qui ne veulent pas parler de Bougival parce que pour eux ça n’existe pas, ceux qui ne veulent parler que de Bougival et de sa mise en œuvre parce que c’est un accord historique, ceux qui veulent parler de Bougival en le renégociant et ceux dont on ne sait plus très bien de quoi ils veulent parler tant ils n’ont pas grand-chose à dire, on ne voit pas très bien ce qui pourra ressortir de cette réunion. On voit bien en revanche que l’échec est une hypothèse à prendre en compte sérieusement. Emmanuel Macron a pris un gros risque avec cette invitation, d’abord celui de compliquer une situation déjà bien inextricable, et ensuite de mettre à mal plus qu’il ne faut un processus déjà fragile. C’eut été totalement différent si l’État avait fait preuve d’une vraie détermination au sortir de Bougival, et fait montre de volonté à mettre en œuvre l’accord que les Calédoniens attendaient.
Nicolas Vignoles



