Ancienne secrétaire d’Etat du gouvernement Borne, et ancienne ministre et porte-parole du gouvernement Attal, la députée Prisca Thévenot était l’une des membres éminents de la délégation de parlementaires Ensemble pour la République, qui vient d’effectuer une mission en Nouvelle-Calédonie. Mission sur laquelle elle est revenue pour La voix du Caillou.
LVDC : À l’occasion de sa première venue en Nouvelle-Calédonie, le président de la République avait dit « La France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie ». Est-ce qu’au terme de votre séjour, bref mais intense, vous partageriez cette analyse ?
Prisca Thévenot : Bien sûr que je la partage. Je la partage et je peux vous le dire : la France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie. Maintenant, une fois qu’on a dit ça, qu’est-ce qu’on fait ? Et aujourd’hui, l’heure n’est pas aux paroles, l’heure n’est pas de rappeler les phrases des uns et des autres, mais l’heure est à l’action. Il y a eu trois référendums, des accords. Je pense qu’aujourd’hui, nous devons être prêts à statuer et à ancrer dans le marbre la mise en œuvre des accords de Bougival. Et je le dis assez simplement, l’année 2026 devra être cette année où les habitants de Nouvelle-Calédonie pourront enfin reprendre leur destin en main. Parce que depuis maintenant bien trop d’années, la Nouvelle-Calédonie subit son destin et ne le vit pas pleinement. Nous avons rencontré des institutionnels, nous avons rencontré bien évidemment des responsables associatifs, des habitants, des entrepreneurs, des acteurs économiques, et tous se sont demandés comment on construit un avenir en étant dans l’attente ? Donc oui, maintenant, continuons à avancer et faisons en sorte que cette année 2026 soit enfin le début de cette construction tant attendue.
LVDC : Cette volonté d’avancer, l’avez-vous ressentie également dans les rencontres que vous avez pu avoir avec les groupes politiques, en tous les cas ceux qui ont accepté de vous rencontrer ?
P.T : Déjà , accepter de rencontrer la délégation parlementaire que nous avons été et que nous sommes est une démarche de volonté d’avancer. Et preuve en est, il n’y a qu’une seule famille politique qui n’a pas voulu être là et je pense que tout le monde la devine. Donc maintenant, je pense que l’enjeu n’est pas d’être en permanence en train d’essayer d’écouter, d’entendre, d’avoir l’avis d’une seule famille politique qui se comporte comme une minorité de blocage. En démocratie, on se met autour de la table, on échange, on discute et on avance. Refuser ne serait-ce que de venir siéger, de s’asseoir autour de la table est un message politique très fort que nous devons entendre. Est-ce que ça doit empêcher le reste des groupes et donc la majorité restante d’avancer ? Je ne le crois pas. Et d’ailleurs, je vous le dis en tant que parlementaire, l’Assemblée nationale française n’a jamais été aussi fracturée. Et pourtant, nous avançons, nous arrivons à faire voter des lois. Mais ces lois, elles ne sont pas votées à la majorité absolue. Elles ne sont pas votées à l’unanimité, il y a toujours des familles politiques qui sont contre. Est-ce que ça rend ces lois caduques ? Non. Donc pourquoi devrait-on faire exception ici ?
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Propos recueillis par Nicolas Vignoles




