Christophe Dabin et plusieurs responsables du Comité territorial olympique et sportif (CTOS) ont rencontré les députés Ensemble pour la République, mercredi à Païta. Un échange important alors que le sport calédonien n’échappe pas à la crise.
Ce devait être un rendez-vous presque informel. Mercredi, sur les installations du Club de tir calédonien, à Païta, Marion Roumagne, président du club et tireur reconnu du territoire, devait faire découvrir sa discipline, le balltrap. Elle demande une maîtrise de soi, une concentration extrême et une précision évidemment redoutable. Rien n’a filtré quant aux qualités de tireurs des députés métropolitains. Mais, Marion Roumagne, qui est également vice-président du Comité territorial olympique et sportif, n’a pas manqué l’occasion d’évoquer la situation du sport calédonien, impacté, lui aussi, par les émeutes de mai 2024. Si toutes les disciplines sont reparties de l’avant cette saison, les conséquences économiques et humaines sont tout de même une réalité. C’est pourquoi Christophe Dabin, président du CTOS, Antoine Dahlia, secrétaire général du CTOS, et Yohann Courtine, membre du Conseil d’administration, étaient également de la partie à Païta. L’occasion pour les responsables calédoniens de présenter le travail du mouvement sportif mais surtout de défendre « deux sujets importants » que sont la préparation des Jeux du Pacifique et l’organisation à venir des Jeux olympiques à Brisbane en 2032.
« Faire bouger les choses »
Concernant le futur déplacement à Tahiti, l’année prochaine, « on a essayé de voir de quelle manière, par le biais de l’accord que nous avons signé en 2003 entre le CTOS, le CNOSF, le ministère des Outre-mer et le ministère de la Jeunesse et des Sports, ils peuvent nous aider », explique Christophe Dabin. Cet accord prévoyait notamment une contribution financière à la mobilité des Cagous afin de faciliter les déplacements pour participer à des compétitions nationales ou internationales. « A eux de voir, maintenant, s’ils peuvent intervenir pour qu’on puisse relancer cet accord », poursuit-il. Concernant les Jeux olympiques, le projet, envisagé bien avant les émeutes, est de faire de la Nouvelle-Calédonie « une terre d’accueil pour les équipes de France ».
Le décor a donc été posé face aux députés métropolitains alors que les dirigeants calédoniens espèrent dorénavant voir la situation évoluer pas à pas. « Maintenant, c’est à eux de faire leur travail de parlementaires, de se rapprocher des ministères concernés pour faire bouger les choses », enchaîne le président du CTOS, satisfait de cet échange avec des politiques « ouverts, à l’écoute et positifs ».
Le Pass’Sport après le Pass Culture ?
Cet échange a également été l’occasion d’évoquer le Pass’Sport. Alors que le Pass Culture, destiné aux jeunes de 15 à 21 ans, a été étendu à la province Sud le 1er décembre dernier, Christophe Dabin rêve dorénavant de voir le Pass’Sport arriver sur le Caillou. « J’avais été étonné de voir le Pass Culture être déployé en Nouvelle-Calédonie alors qu’on nous disait jusqu’à présent que ce n’était pas possible. On en a discuté et il y a peut-être une possibilité pour que le Pass’Sport soit également mis en place, donc on verra bien », a déclaré le président du CTOS. Le Pass’Sport est un dispositif national qui offre, en Métropole, une aide financière de 70 euros (8400 francs) par jeune afin de « couvrir tout ou partie des frais d’inscription dans un club, association sportive ou salle de sport partenaire (…) Cette aide du ministère chargé des Sports s’adresse aux enfants et aux jeunes qui rencontrent des obstacles à la pratique sportive – qu’ils soient d’ordre financier, social ou liés à un handicap », peut-on lire sur le site gouvernemental.
Claire Gaveau



