Le président du gouvernement a décidé qu’en 2026, il n’y aurait qu’un seul pont dans la fonction publique calédonienne. Ce pont unique est d’ailleurs passé puisque c’était celui du 2 janvier. On anticipe bien sûr la réaction des syndicats du secteur qui réclament déjà des explications. Celle avancée par le gouvernement est économique, puisqu’une seule journée de pont, ça coûte aux finances publiques 41,5 millions de francs. Mais au-delà du débat et du différentiel entre finances et droits acquis, cette affaire stigmatise s’il le fallait, la différence entre public et privé, un débat vieux comme Mathusalem, et bien sûr jamais résolu. Or, il y a une vérité économique intangible, un principe fondamental hors duquel il n’y a plus de réalité, qui veut que c’est le privé qui finance le public. Et c’est bien pour ça qu’ici comme ailleurs, aujourd’hui, comme hier et comme demain, le secteur privé, dans les temps de crise, réclame à cor et à cri des réformes, essentiellement dans le secteur public, et surtout des économies. La revoyure des ponts était d’ailleurs demandée au gouvernement calédonien par le monde économique. Et ce débat public-privé s’est exacerbé depuis les émeutes de la CCAT, lorsque l’hypothèse que chacun produise des efforts, donc des sacrifices, a été soulevée. Mais en termes d’hypothèse, la plus probable semble celle de grèves à venir dans la fonction publique calédonienne. On verra…
Nicolas Vignoles



