L’année 2025 a une nouvelle fois été chargée et intense pour les sportifs calédoniens, que ce soit sur le territoire, mais aussi aux quatre coins du monde. A l’image de Maxime Grousset, multiple médaillé mondial, européen et national, certains Cagous ont particulièrement brillé ces derniers mois. Retour sur certains événements et certaines performances marquantes.
Omnisports – Des Minijeux très mini
La crise insurrectionnelle de mai 2024 a eu des conséquences notables pour le sport calédonien. Et les Minijeux de Palau en ont été l’illustration parfaite. À Koror, principale ville de cette petite île située au large des Philippines, seule une trentaine de Cagous ont pu poser leur valise avec l’espoir de briller sur la scène océanienne. Jamais la Nouvelle-Calédonie n’était partie avec une délégation aussi réduite en raison des conséquences économiques délétères des émeutes. Pourtant, cette présence à Palau était obligatoire, presque vitale finalement.
« On a une histoire, on est les leaders des Jeux du Pacifique. Même si c’est différent sur les Minijeux, il n’était pas question que la Calédonie ne soit pas représentée. Même s’il fallait partir à dix, on y serait allé à dix », avait ainsi expliqué Marion Roumagne, chef de mission de la délégation, avant le départ.
Sur place, les Cagous ont fait avec les moyens du bord évidemment, ne pouvant rivaliser avec les plus grandes délégations. Le bilan est tout de même des plus honorables au vu du contexte avec 34 médailles décrochées, dont 7 en or, 11 en argent et 16 en bronze. Les Cagous avaient ainsi terminé 7es au classement général, très largement dominé par la Polynésie française avec 142 podiums enregistrés. À deux ans des Jeux du Pacifique à Tahiti, le Fenua a frappé fort. Mais la Nouvelle-Calédonie n’a pas dit son dernier mot alors qu’elle espère bien remonter la pente petit à petit avec l’ambition finale de décrocher une nouvelle victoire aux dépens de ses voisins océaniens.
Judo – Alexis Mathieu, c’est du solid
Médaillé de bronze au Grand Slam de Paris en février, l’un des tournois majeurs de la saison internationale, Alexis Mathieu a fait encore mieux lors du Grand Slam de Tbilissi en mars. Dans la jolie capitale de la Géorgie, il avait ainsi décroché sa première médaille d’argent. Une belle saison également confirmée sur la scène nationale alors que l’ancien combattant de Koumac, licencié depuis plusieurs saisons au PSG Judo, a décroché un nouveau titre de champion de France, le second après celui de 2021.

Judo – Une double dose de bonheur
Une deuxième étoile sur le kimono. Sacré champion du monde en 2024, à Las Vegas (États-Unis), Abédias Trindade de Abreu (52 ans) a décroché une nouvelle couronne mondiale cette année. Cette fois, c’est à Paris qu’il a gravi les montagnes pour monter sur la plus haute marche du podium. Une ascension qu’Elodie Feuillet n’a pas totalement réussie, s’arrêtant finalement sur la troisième marche du podium. Une belle performance tout de même pour celle qui a donc décroché une médaille de bronze, après l’or glané sur le sol américain. Franck Aligheri, Cyril Chevalier, Anaïs Gopea et Émeline Kaddour faisaient également partie de la délégation calédonienne sur cette compétition, sans pour autant réussir à décrocher de médaille mondiale.

Karaté – Un beau spectacle à l’Anse-Vata
Le Comité régional de karaté et disciplines associées avait fait les choses en grand pour les Oceania. La compétition s’est tenue en juin à la salle omnisports de l’Anse-Vata, qui a vu défiler près de 250 combattants engagés dans différentes catégories d’âge et de poids. L’Australie, qui avait débarqué en nombre sur le Caillou, s’est montrée ultra dominatrice, trustant de nombreuses médailles. Mais les athlètes néo-zélandais et calédoniens n’ont pas démérité et leur ont tenu la dragée haute. Sur la scène nationale, les karatékas calédoniens se sont également montrés à leur avantage avec de belles prestations enregistrées tout au long de la saison. Kurth Evlakhoff, par exemple, a brillamment décroché le titre de vice-champion de France espoirs en mars dernier.

Natation – La démonstration de Grousset
Si certains en doutaient peut-être, Maxime Grousset est bel et bien devenu l’un des plus grands nageurs français de sa génération. Le Calédonien, qui a grandi dans le bassin du CNC avant de prendre son envol pour la Métropole, est devenu un cador de la natation française et même mondiale. Rien que ça. Après une année 2024 marquée par la déception des Jeux olympiques, il a parfaitement su rebondir pour retrouver joie, engouement, plaisir et surtout réussite dans les bassins. Que ce soit en Métropole évidemment, ou encore en Pologne, où il est reparti de Lublin avec six médailles européennes en décembre dernier. Une belle moisson de médailles complétée également, en août, par deux titres mondiaux sur 50 m et 100 m papillon à Singapour. Maxime Grousset, grâce notamment à une grosse préparation mentale, a su passer un véritable cap. Avec dix podiums mondiaux à son palmarès, en comptant les courses individuelles et collectives (3 en or, 2 en argent, 5 en bronze), il est même devenu le nageur français le plus médaillé dans l’histoire des championnats du monde en grand bassin, devant Fabien Gilot (9 médailles, dont 3 titres) et Léon Marchand (9 médailles, dont 7 titres). Il a également intégré le cercle fermé des multiples champions du monde tricolore dans des courses individuelles, aux côtés de Léon Marchand (7 titres), Camille Lacourt (4 titres), Laure Manaudou (3 titres) et Florent Manaudou (2 titres).

Kitefoil – Un record sur la Bluescope Race
Après plusieurs années d’absence, pour des raisons diverses et variées, la Bluescope Race a frappé fort pour son retour dans le calendrier. Une météo radieuse, un vent bien établi, des participants nombreux, des supports diversifiés… Tous les ingrédients de la recette étaient réunis pour que la fête soit belle. Elle fut même grandiose. Nicolas Parlier, engagé sur un kitefoil, a tout simplement signé un nouveau record de cette traversée entre le phare Amédée et l’Anse-Vata. Il a parcouru les 19 kilomètres en 17 minutes et 48 secondes, effaçant ainsi des tablettes un certain Antoine Albeau, détenteur du record du monde de vitesse en planche à voile, qui avait achevé la course en 20 minutes et 5 secondes en 2019. Leela Ricard, de son côté, est la première féminine à avoir franchi la ligne d’arrivée. La jeune femme, âgée de 17 ans, est l’un des nouveaux visages du windfoil calédonien alors qu’elle a également été sacrée vice-championne d’Europe des moins de 21 ans en Croatie en juillet.

Force athlétique – Infatigable Axel Raymond
La belle histoire d’Axel Raymond n’a pas de frontière. Elle s’écrit sur le Caillou évidemment, mais aussi en France et à travers le monde. Ainsi, en juin dernier, il a remporté son tout premier titre de champion de France, dans la catégorie masters, lors de la compétition nationale organisée à Lille. Et, quelques mois plus tard, c’est au Cap, en Afrique du Sud, qu’il a une nouvelle fois écrit un magnifique chapitre avec trois médailles individuelles – l’argent au développé-couché, le bronze au soulevé de terre et le bronze au général – et une médaille d’argent par équipes.

Voile – Plus de peur que de mal sur la Groupama Race
Quel souvenir remontreront à la surface, dans quelques années, à l’évocation de la Groupama Race 2025 ? On pourrait parler de l’arrivée de l’équipage néo-zélandais V5, premier à avoir franchi la ligne d’arrivée, ou encore de la victoire en temps compensé de l’équipage calédonien Guilty Pleasures – Speed Marine. Mais, probablement que bon nombre d’amateurs se souviendront avant tout du chavirage impressionnant de Rushour. Alors en tête de course, le catamaran australien, double vainqueur du tour de Calédonie en 2018 et en 2022, a chaviré en pleine nuit à la pointe nord du territoire, au large de Bélép. Un incident qui a fait craindre le pire pendant de longues heures. Jusqu’à ce dénouement heureux, plus de dix heures après, grâce au déroutage de Roamance tout d’abord, puis à l’intervention millimétrée du COSS-NC et des Forces armées en Nouvelle-Calédonie.

Football – Des Cagous en plein rêve
Il y a évidemment la victoire de Magenta en Coupe de Calédonie, suivie ensuite par la victoire de Tiga en Super Ligue. Pourtant, en 2025, les regards se sont beaucoup tournés vers les sélections calédoniennes avec les participations des U17 et des U20 à la Coupe du monde, respectivement au Qatar et au Chili. Les plus jeunes ont notamment réalisé l’exploit d’accrocher un match nul face au Japon lors de la phase de poule (0-0), quand les plus grands ont conquis le cœur du public chilien malgré de lourdes défaites. Les aînés, qui évoluent sous les ordres de Johann Sidaner chez les « A », n’ont pas encore connu cette chance de côtoyer les plus grandes sélections sur la scène mondiale. Cela serait-il le cas en 2026 ? Difficile d’y croire alors que les Cagous se sont inclinés face à la Nouvelle-Zélande en finale des qualifications de la zone Océanie en février dernier (3-0). Une défaite qui leur a tout de même ouvert les portes du tournoi intercontinental des barragistes, où ils affronteront la Jamaïque en mars prochain, au Mexique. En cas de victoire, ils affronteraient alors la République démocratique du Congo. Deux marches qui paraissent bien hautes pour la petite sélection calédonienne, qui devrait tout de même compter l’arrivée dans ses rangs d’Angelo Fulgini, joueur professionnel particulièrement expérimenté, passé par Angers et Lens notamment.

Handball – Wajoka à l’heure internationale
Jamais une Calédonienne n’avait porté le maillot de la grande équipe de France. Suzanne Wajoka, appelée à plusieurs reprises chez les jeunes, a décroché sa première sélection chez les « A » en mars dernier, lors d’une victoire face à l’Allemagne (28-25). Le début d’une nouvelle aventure pour l’ailière gauche calédonienne, qui porte dorénavant les couleurs de Metz. Et, au fil des mois, elle a su trouver sa place au sein de l’effectif tricolore, gagnant ainsi sa place pour le Mondial-2025, disputé en décembre dernier aux Pays-Bas et en Allemagne. Une compétition où elle a prouvé qu’il faudra probablement compter sur elle dans les années à venir, se montrant particulièrement adroite face aux buts avec 35 buts inscrits sur l’ensemble de la compétition. Et, cerise sur le gâteau, elle a décroché sa première médaille internationale. Éliminées par l’Allemagne en demi-finales (29-23), les Bleues avaient parfaitement relevé la tête pour aller décrocher le bronze face aux Pays-Bas (33-31).

Cricket – Le Caillou dans le viseur de la France
Et si le cricket international supplantait le cricket traditionnel, ici en Nouvelle-Calédonie ? Le chemin sera probablement un peu long mais n’est pas impossible. C’est en tout cas ce qu’espère la Fédération française alors que le Caillou concentre près de la moitié des licenciés français. C’est dans ce contexte que la Fédération a organisé, en février dernier, un premier tournoi international au stade N’Du, où l’équipe de France, composée exclusivement des joueuses calédoniennes, a défié les Samoa, le Vanuatu et les Fidji. Si les résultats n’ont pas été au rendez-vous pour les « Bleues » (elles ont terminé dernières, les Samoanes premières), les enseignements, eux, ont été nombreux pour les dirigeants tricolores qui rêvent d’avoir une équipe compétitrice aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028 puis de Brisbane en 2032. Et la Calédonie fait bel et bien partie de ce plan-là.





