EXCLUSIF – Il y a un mois, Jacques Yamamoto, âgé de 76 ans, a été violemment agressé au cœur du village de La Foa par deux individus qui ont ensuite pris la fuite avec son véhicule en direction de Canala. Interpellés, ils ont été placés en détention provisoire. Nicolas, le fils de la victime, prend la parole publiquement pour la première fois. Avec une bonne nouvelle : sorti de l’hôpital, Jacques Yamamoto a pu passer les fêtes de Noël en famille.
Il a pris le temps avant de prendre la parole. Ne pas se laisser submerger par la colère, la haine et les déclarations qu’il aurait pu regretter une fois prononcées. Trois semaines après la violente agression de son père en plein cœur du village de La Foa, commune de Brousse habituellement paisible, Nicolas Yamamoto a accepté de témoigner pour La voix du Caillou. Lorsque nous le rencontrons avant les fêtes de Noël, ce trentenaire, issu d’une « famille métissée d’origine japonaise », esquisse un sourire à peine notre entretien commencé. Une bonne nouvelle vient d’arriver : Jacques, son père, hospitalisé depuis le 28 novembre, jour de son agression, doit quitter l’hôpital dans les prochains jours. « Il va mieux… », souffle-t-il, même s’il est parfaitement conscient que « le chemin est encore long ». « Il a subi une commotion cérébrale sévère. Il a été dans le coma pendant plusieurs jours. Maintenant, il retrouve peu à peu ses esprits. Il nous reconnaît, ce qui n’était pas le cas auparavant. On peut désormais échanger avec lui ». Son épouse, Nicolas et sa sœur aînée se sont relayés quotidiennement à son chevet. Ils sont aujourd’hui soulagés de le voir aller de mieux en mieux, même s’ils savent que le parcours de soins ne fait que commencer. « La rééducation avec un kinésithérapeute, les séances d’orthophonie, les rendez-vous avec les neurologues… Nous ne saurons que dans trois mois s’il gardera des séquelles à vie », raconte son fils.
Ce qui lui est arrivé a bouleversé la Nouvelle-Calédonie, peu habituée à ce type de violences crapuleuses. Ce 28 novembre, vers 9 heures du matin, Jacques Yamamoto, retraité après trente années passées chez Total Pacifique, sort de la mairie où il vient de s’acquitter de sa facture de ramassage des ordures ménagères. Il y a quinze ans, il a acquis une propriété dans cette commune de la Côte-Ouest, bastion du vivre-ensemble. Il y passe la plupart de ses week-ends à bricoler et à s’occuper de son cheptel bovin. Le septuagénaire, bon pied, bon œil, se rend ensuite au Leader Price du village où il doit faire quelques courses. Il se gare dans la ruelle qui mène au monument aux morts. Une fois dans les rayons du magasin, il est discrètement suivi par l’un de ses futurs agresseurs. Jacques Yamamoto ne se rend compte de rien. Il papote avec quelques amis qu’il a croisés par hasard. Pourquoi se méfier lorsqu’on n’a jamais eu de problèmes avec personne et que l’on mène une retraite paisible ? Le grand-père retourne à son véhicule. Son destin bascule alors.
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Légende photo : « Nous voulons vraiment remercier toutes les personnes, dont certaines que nous ne connaissions même pas, qui ont eu une pensée pour mon père et qui nous ont envoyé des messages de soutien par centaines. Notre famille a été très touchée », explique Nicolas Yamamoto.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche




