Art et science-fiction

Du 12 janvier au 3 février, Alexandre Delfolie propose sa nouvelle exposition à l’Art Factory, une excursion dans son monde artistique qui combine modèle vivant et esthétique cyberpunk.

Très jeune, Alexandre était déjà attiré par l’art. « Je dessinais beaucoup au collège et au lycée », explique-t-il. « Comme beaucoup, je gribouillais un peu en classe pendant les cours. Au lycée, j’ai eu un moment de pause, car j’ai écouté certains de mes professeurs qui disaient que l’art ne servait à rien ou que ça n’allait mener nulle part. Mais j’avais toujours l’envie de faire quelque chose de créatif, c’est toujours quelque chose qui m’a plu ». Après le lycée, Alexandre s’envole à Montréal où il poursuit des études d’animation à l’école Rubika. À noter que pour entrer dans cette école, il y a un examen de sélection composé d’un QCM de culture générale et spécialisée, d’un entretien oral avec portfolio, ainsi que de trois épreuves de créativité : dessin d’observation, narration par l’image et dessin créatif. « C’est au moment où j’ai commencé mes études, dans ce domaine où je ne connaissais rien, que j’ai compris que j’aimais beaucoup l’illustration dans tout l’univers de l’animation : dessiner des corps, imaginer des personnages, etc. C’est là où j’ai également découvert le modèle vivant pour la première fois. Dessiner des personnes nues, du dessin d’observation, c’est quelque chose que je ne faisais vraiment pas avant ». Car en effet, si on peut croire qu’une école d’animation oriente ses cours uniquement vers le numérique, ce n’est pas du tout le cas. « Et les professeurs nous invitent d’ailleurs à continuer le modèle vivant, parce que c’est hyper important, ça nous permet de comprendre le corps humain, les mouvements et comment les simplifier, ça aide à l’animation ». En rentrant sur le territoire, Alexandre a décidé de reprendre des cours de modèle vivant, « parce que je trouve cela génial », justifie-t-il. Parallèlement à cela, il est devenu infographiste, un métier qui combine la création artistique et l’informatique. « J’ai toujours aimé l’art », affirme-t-il. « J’avais envie d’explorer davantage les Beaux-arts, la peinture, notamment en allant à des expositions. Et puis j’ai eu envie de faire ma propre exposition, pour voir ce que ça donnerait ».

Inspiré par la culture populaire

Dans l’exposition, on retrouvera du modèle vivant, mais également un tout autre thème…

« J’aime beaucoup la science-fiction, souligne Alexandre. J’aime l’esthétique cyberpunk, le transhumanisme, les robots, les personnes modifiées, par exemple avec un bras mécanique, les câbles… Il y aura beaucoup de câbles et de bâtiments délabrés. J’aime beaucoup l’esthétique des villes de Hong Kong et de Tokyo, avec les câbles qui traînent, les murs remplis de climatiseurs, de fenêtres et d’étages à perte de vue ». Pour s’inspirer, Alexandre a l’embarras du choix puisque c’est un thème que l’on retrouve dans beaucoup de films, séries, jeux vidéo ou même livres. « J’ai adoré le film Elysium, avec Matt Damon, notamment le fait qu’on lui accroche un exosquelette. Ça a été une révélation. Il y a eu aussi les films Chappie, Akira, Ghost in the Shell, la série Cyberpunk Edgerunners, le jeu vidéo Remember Me… ». Lors de l’exposition, il n’y aura rien d’imprimé, Alexandre a tout fait sur papier, au stylo bic, à l’encre noire ou au feutre fin. « Il y a peu de couleurs, je me suis vraiment concentré sur le dessin », confie-t-il. À l’avenir, Alexandre souhaiterait se développer encore davantage dans le milieu artistique. Un jeune à suivre !

Kim Jandot

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