En 2020, une famille avait été gravement intoxiquée au monoxyde de carbone dans un appartement de Nouméa en raison d’une installation défectueuse d’un chauffe-eau à gaz. Cinq ans plus tard, le tribunal correctionnel était appelé à se prononcer sur la responsabilité pénale du propriétaire et de l’ancien gérant de l’agence immobilière.
Ils vivront avec des séquelles à vie. Dans la nuit du 11 au 12 février 2020, à quelques jours de la rentrée scolaire, une famille a été intoxiquée dans son sommeil par du monoxyde de carbone. La mère de famille s’est même évanouie en sortant des toilettes. Un drame absolu a été évité : dans le salon de 23 m², avec cuisine ouverte, huit personnes, dont trois enfants âgés de 3, 5 et 6 ans, ont été intoxiquées à des degrés divers. Toutes ont été hospitalisées. Certaines en portent encore les séquelles : pertes de mémoire, maux de tête chroniques, malaises réguliers… « Le médecin a dit qu’on aurait des séquelles à vie et qu’on devrait vivre avec », confie un membre de la famille.
Cinq ans après cet accident, le propriétaire du logement comparaissait devant le tribunal correctionnel de Nouméa pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Avec deux questions au cœur de ce dossier : comment ce gaz inodore a-t-il pu atteindre une telle concentration, au point de mettre la vie de cette famille en danger ? Et quelle est la responsabilité du propriétaire du bien ? Les investigations policières et les expertises ont révélé que le chauffe-eau à gaz, bien qu’en état de marche, avait été installé sans conduit d’évacuation. Il ne répondait pas aux normes. Une expertise judiciaire avait également conclu que « toutes les causes d’une intoxication » étaient réunies : « sur-occupation de l’appartement », installation « non conforme » du chauffe-eau, « mauvaise combustion », « mauvaise aération »…
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Jean-Alexis Gallien-Lamarche




