Une détenue mord une surveillante du Camp-Est et lui arrache un bout de doigt 

Mercredi, une femme a violemment agressé deux agents pénitentiaires au quartier des femmes du centre pénitentiaire de Nouméa. Jugée en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Nouméa, elle a demandé un délai pour préparer sa défense. Elle envisage de porter plainte contre l’une des surveillantes.

Sa détention risque de se prolonger. Une détenue du Camp-Est, théoriquement libérable en 2028, a été présentée devant le tribunal correctionnel de Nouméa, vendredi matin, dans le cadre d’une comparution immédiate pour des violences commises sur deux surveillants pénitentiaires. Les faits remontent à mercredi, lorsque cette mère de famille de 34 ans doit passer un entretien avec une conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP). Le rendez-vous a totalement dérapé pour une raison encore inconnue, lorsque la détenue a agressé la conseillère en la frappant avec un porte-documents.  

La surveillante, qui assistait à l’entretien, s’est alors interposée, mais la trentenaire a réussi à la faire chuter, à la griffer et à lui donner des coups au visage, avant de la mordre si fort qu’elle lui a arraché un morceau de l’auriculaire gauche. « La photo de la morsure est impressionnante », affirme Fabienne Coupry, procureure de la République. Un médecin a prescrit une ITT (incapacité totale de travail) de dix jours à la victime.  

La scène ne s’arrête pas là, puisque la mère de famille aurait également violenté une deuxième agente pénitentiaire venue à la rescousse. La présidente du tribunal signale que la prévenue lui a « tiré les cheveux au point de la faire tomber », puis lui a porté des coups de poing et de pied (un jour d’ITT).

Condamnée à sept reprises

À l’ouverture des débats, la jeune femme et son avocat, Me Ibrahim Sy-Savané, ont demandé le renvoi du dossier. En matière de comparution immédiate, il est de droit. « Même si elle est incarcérée pour quelque temps, je vous demande de la maintenir en détention provisoire dans ce dossier, car elle peut être libérée en raison de conditions de détention indignes », a requis la représentante du parquet. Condamnée à sept reprises, dont cinq fois pour des violences sur une personne chargée d’une mission de service public, la jeune femme avait écopé d’une peine de cinq ans de prison, dont deux avec sursis probatoire, pour avoir astiqué l’un de ses enfants de manière insoutenable, en 2023. Parce qu’il refusait de faire ses devoirs, le petit garçon de six ans avait eu la main fracturée par sa mère. 

« Je suis quelqu’un de très calme. Je suis une mère aimante, je suis intelligente. Je suis allée jusqu’en deuxième année de licence de droit alors que j’étais enceinte », a-t-elle déclaré. La procureure en convient, mais selon elle, « le risque de récidive est trop important et imprévisible. Elle peut déclencher des explosions de violence liées à son impulsivité et à son manque de maîtrise de soi. »

Des ecchymoses

L’avocat de la défense s’est contenté de dire que les faits étaient « graves », sans aller plus loin dans le détail du dossier compte tenu de la demande de renvoi. Me Ibrahim Sy-Savané a toutefois expressément demandé à la juridiction que sa cliente soit soumise à un examen médical « rapide » à son retour en détention.  

« Elle se plaint d’ecchymoses. Elle présente encore aujourd’hui des marques. Elle a voulu porter plainte auprès de l’OPJ, qui a refusé. » Le tribunal correctionnel examinera l’affaire le 23 décembre prochain. Sans surprise, elle a été placée sous mandat de dépôt en attendant son procès. 

Cette agression survient dans un contexte d’insécurité persistante pour le personnel pénitentiaire. Une heure après, un autre surveillant a reçu un coup de tête de la part d’un détenu au centre de détention. Le syndicat FO a exigé « des sanctions disciplinaires fermes et immédiates contre ces personnes détenues et qu’un audit complet, rigoureux et indépendant soit diligenté sans délai ». 

Jean-Alexis Gallien-Lamarche 

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