Un an et demi après, la justice continue de voir comparaître devant elle des émeutiers. Un homme âgé de 24 ans a écopé d’une peine de dix mois de prison ferme prononcée par le tribunal correctionnel de Nouméa pour avoir participé au saccage et au pillage du lycée professionnel Pétro Attiti. Dès les premières heures du soulèvement en mai 2024, le quartier de Rivière-Salée avait été pris en otage par des émeutiers. L’établissement scolaire, qui accueillait alors 780 étudiants, avait servi de « base arrière » aux insurgés, rappelle la présidente. « Certains étaient montés sur les toits de l’immeuble équipés de fusils et menaçaient d’abattre quiconque entrait dans la zone », décrit la procureure de la République, Hélène Gaudet. Lorsque, des semaines plus tard, le quartier avait été sécurisé, la stupeur, la tristesse et le découragement avaient saisi le personnel scolaire et les élèves : Pétro Attiti avait été méticuleusement pillé. Chaque recoin avait été saccagé, détruit, parfois même incendié. L’intégralité du matériel pédagogique et de sport avait été subtilisée. Il ne restait plus rien. Tous les ordinateurs, les photocopieurs… Pas même une mèche de perceuse n’a été trouvée sur les plateaux techniques. « Les classes ont été transformées en champs de ruines », observe Me Virginie Boiteau, l’avocate du lycée. Mais ce constat apocalyptique ne semble pas ébranler le jeune homme à la barre. « Le prévenu a expliqué au cours de la procédure qu’il était chargé de l’approvisionnement des barrages de Rivière-Salée et qu’il avait la haine de l’État », insiste Hélène Gaudet. Le prévenu, déjà condamné à quatre reprises, sera prochainement convoqué devant le juge de l’application des peines.
Jean-Alexis Gallien Lamarche



