Cette affaire de signatures de la délégation UC-FLNKS est ce que l’on appelle une palinodie. Ils ont signé, comme le prouvent les clichés réalisés dans ce petit matin de juillet à Bougival, puis ils ont prétexté que le texte n’avait pas été paraphé, avant tout bonnement, hier, de « retirer » leurs signatures. Si cela n’avait pas de tristes conséquences, l’argument avancé pour justifier ces allers et retours, serait drôle. Ils assurent en effet n’avoir signé qu’un « pré-accord » que l’État aurait ensuite fait passer pour un accord pur et dur. Qu’il y ait eu une cérémonie de signatures, avec photo de groupe et tout le toutim ce matin-là, puis réception le lendemain à l’Élysée avec, face aux délégations, excusez du peu : le chef de l’État, son Premier ministre, les présidents des Assemblées et le ministre des Outre-mer, ne leur aurait donc pas mis la puce à l’oreille ! Les discours de ces hautes autorités saluant la signature en bonne et due forme de l’accord de Bougival ne les auraient donc pas non plus fait tiquer ! On s’interroge sur la sincérité de leur ébaubissement, de leur émoi et surtout de leur acharnement à faire prendre les vessies pour des lanternes. En cela ils rejoignent Christian Tein qui voudrait bien qu’on arrête de dire qu’il avait donné son « Ok, let’s go » à la délégation pour signer à Bougival. « Terre de Parole » dit la devise du pays, on finit par ne plus y croire, ce dont on est juste certain, c’est que ça n’est pas une terre de signature.
* « Ok, let’s go », c’est par ces simples mots que Dwight Eisenhower, le 5 juin 1944, donna son feu vert pour le débarquement de Normandie, le lendemain 6 juin.
Nicolas Vignoles



