Le Congrès va bientôt se pencher sur la seconde tranche d’aide de l’État à la Nouvelle-Calédonie, aide que ce même État conditionne à l’adoption de nouvelles mesures financières et économiques restrictives. Ce qui fait grincer les dents de l’Union calédonienne comme de Calédonie ensemble qui estiment que l’État doit donner plutôt que prêter. Une sorte de « dette coloniale » après une insurrection que l’État n’a pas envisagée, ni prévue, ni anticipée. C’est audible, sauf que l’État applique à la Calédonie l’adage « aide-toi et le ciel t’aidera ». D’autant que les mesures réclamées auraient sans doute dû être prises depuis longtemps, en particulier en ce qui concerne les économies de fonctionnement. Ce qui fait débat et de manière sans fin, c’est le poids de la charge dont personne ne veut s’acquitter, et les uns de reporter sur les autres le fait de payer pour reconstruire et relever ce que la CCAT a détruit. Ce débat a d’ailleurs pour effet de faire passer au second plan la lourde responsabilité de ceux par qui le malheur est arrivé. Ce même débat qui prouve dans le même temps, combien la Nouvelle-Calédonie, qui veut « s’émanciper », n’a pas ou n’a plus les moyens de cette ambition. D’autant que les difficultés ne s’estompent pas, pire elles ont même tendance à s’aggraver. Et le temps dévolu pour les résoudre ne cesse de se rallonger. Alors, si l’aide de l’État peut faire débat, elle est, quoi qu’il en coûte, vitale et nécessaire.
Nicolas Vignoles



