Deux évènements musicaux d’importance se sont tenus ce week-end, à Nouméa et à Bourail. À l’heure où la Calédonie manque de ces grands évènements culturels, destinés à montrer autant que faire se peut, que l’on est capable de se relever du chaos dans lequel nous avons été plongés, il est dommage que ces deux festivals se soient tenus sur le même week-end. C’est une occasion manquée peut-être de participer à la refondation de liens qui ont été rompus. Au bout du compte, chacun de ses évènements a rassemblé son public propre, bien à lui, il n’y a pas eu le brassage que l’on aurait pu espérer de tels concerts. À Bourail d’ailleurs, c’était à se demander si le reggae n’était pas indépendantiste, tant de drapeaux du FLNKS volaient au vent devant la scène, mais c’est une autre histoire. Peut-être y aurait-il eu davantage de diversités chez l’un et chez l’autre, si les deux évènements n’avaient pas été concomitants. Surtout que l’on mise sur la culture et le sport pour renouer le vivre-ensemble, auquel on croit de moins en moins certes, mais qu’il faut continuer coûte que coûte à promouvoir. Ce sont bien les deux seuls rares domaines dans lesquels cet espoir de faire à nouveau société subsiste. Autant ne pas manquer les occasions d’y parvenir.
Nicolas Vignoles



