Pendant un temps, malgré le froid et le vent, les milliers de Calédoniens massés sur la VDE ont oublié la crise, les emplois détruits, la morosité, le reniement de leur signature par ceux qui avaient signé… Ils ont voulu croire que la Nouvelle-Calédonie avait encore quelque chose de positif à dire et que l’on pouvait espérer de l’avenir. C’était juste le carnaval, mais c’était si important dans la période que la foule soit au rendez-vous et qu’elle exprime une joie dont nous avons été privés depuis plus d’un an maintenant. Et cela, même si ceux qui ont tout détruit n’ont pas désarmé et manifestent encore leur volonté d’exclusion à coups de communiqués rageurs. Ah, si les sénateurs et les députés avaient pu prendre le pouls de la Calédonie ce samedi soir, et voir qu’en effet il y avait un peuple calédonien qui n’aspire qu’à la paix, eux à qui est désormais confié le destin législatif et constitutionnel de la Calédonie. Et le destin se dessine maintenant, au Congrès cet après-midi, comme au Sénat à la fin du mois et peut-être ensuite à l’Assemblée. On veut croire en Bougival en marche, pour faire éructer les radicaux, ceux qui veulent un destin en une seule couleur, sans les autres. Cette Calédonie d’exclusion à laquelle ils aspirent n’existe pas, comme nous l’ont administré samedi soir les milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont fait du Carnaval de Nouméa, un magnifique manifeste politique.
Nicolas Vignoles




