Le ministre d’État, ministre des Outre-mer, est reparti de Nouvelle-Calédonie content et confiant. En dépit des nuages sur Bougival, avec la position du FLNKS, la censure, la possible chute du gouvernement et l’éventuelle dissolution, Manuel Valls ne cachait pas, avant son départ, un optimisme mesuré certes, mais réel. La mise en œuvre de l’accord connaîtra sans doute quelques retards, mais il est persuadé de la responsabilité d’une majorité politique forte pour mener à bien le processus, à l’Assemblée comme au Sénat. Content, confiant et déterminé aussi. Manuel Valls a pris la mesure des limites politiques, économiques et ethniques du projet que revendique le FLNKS. Sa porte « reste ouverte », a-t-il répété à ses interlocuteurs, mais pour discuter d’un projet sérieux, ce qui ne lui semble pas du tout être le cas de l’accord de Kanaky. Sans doute s’entretiendra-t-il à Paris avec Christian Tein, à l’issue de la tournée des popotes d’extrême-gauche que ce dernier mène actuellement, mais pour lui répéter ce qu’il a dit aux délégations changeantes du bureau politique du Front avec lesquelles il s’est entretenu. Manuel Valls a surtout pris conscience des attentes du peuple calédonien dans ses diversités, et il s’en est conforté : celles qu’en effet un accord ramène la paix, la confiance, et répare les dégâts économiques, sociaux et sociétaux que l’insurrection de la CCAT du 13 mai a causés.
Nicolas Vignoles




