Le FLNKS est venu, il a dit ce qu’il voulait dire, puis il est reparti. Le FLNKS ou un ersatz de Front ? Les délégués, dûment mandatés pour rencontrer Manuel Valls, zélés répétiteurs de la pensée de Bichou Tein réaffirmée dans un communiqué lunaire, ont dit ce qu’ils voulaient dire sur l’accord de Kanaky, le dialogue bilatéral uniquement avec l’État, et de la pleine souveraineté avant 2027, s’indignant que l’identité kanak ne transpire pas de tous les pores de Bougival. Et Manuel Valls a écouté. Le ministre s’est sans doute étonné de la qualité de ses interlocuteurs, qui réclament des provinciales dès cette année pour légitimer les élus, mais qui eux-mêmes ne sont élus de rien du tout. À peine pèsent-ils le poids minimum des groupuscules qu’ils président ou qu’ils représentent. Un FLNKS qui appelait à la mobilisation pacifique pour accueillir le ministre et lui montrer la force de l’opposition à Bougival, et qui n’a rassemblé péniblement ici ou là, que quelques dizaines de militants forcenés. Depuis le retour de Bougival où sa délégation avait signé l’accord, le FLNKS se liquéfie, ça n’est plus que l’ombre de lui-même. Face à une volonté majoritaire, mais silencieuse, d’accord, il s’est perdu dans une stratégie intenable basée sur des notions fausses ou éculées auxquelles même les plus vieux militants adhèrent de moins en moins.
Nicolas Vignoles




