Manuel Valls est en Nouvelle-Calédonie pour expliquer et convaincre. Convaincre ceux dont les représentants, d’abord acquis à l’accord, avaient signé, puis ont été écartés pour laisser place à ceux qui s’y opposent. Il faudra être un sacré VRP pour convaincre des gens qui ne veulent surtout pas l’être, car cela contrarie leur plan. Mais le ministre ne recule pas devant l’obstacle : il y va, malgré tout ce que Christian Tein dit et pense, dans son dernier communiqué, du ministre comme de l’accord de Bougival. Mais comme l’État a manqué de vigueur le 13 mai, comme il avait manqué de détermination au sortir du troisième référendum, l’heure est à la contestation tous azimuts. On conteste tout : Bougival bien sûr, comme le plan du gouvernement, et jusqu’au déplacement d’Air Calédonie de l’aéroport de Magenta à  La Tontouta. À croire que la Nouvelle-Calédonie est politiquement ingérable et économiquement non réformable. Ce dont on peut être certain en revanche, c’est que ces attitudes, postures et revendications nous conduisent tout droit dans un mur que la CCAT a déjà bien défoncé. Le ministre est donc à Nouméa pour tenter, mais quoi ? Les chances qu’il parvienne à modifier les comportements du FLNKS sont infimes. Mais au moins, il aura été au bout du bout. Après, l’État prendra ses responsabilités. Tout du moins, on l’espère !
Nicolas Vignoles



