Accusé de viols sur sa compagne sur une période allant de juillet 2019 à février 2022 et envoyé en détention provisoire pendant près de deux ans, un habitant de Canala a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire, avec notamment l’obligation de pointer régulièrement à la gendarmerie de Dumbéa. Le tribunal a donc montré son étonnement, puis son agacement, d’entendre, par la voix de l’avocat de cet homme de 42 ans, que depuis les émeutes de mai 2024 il est rentré dans son village, sans en informer les autorités, sans revenir à Dumbéa et sans être inquiété jusque-là .
Pour ne pas perdre trop de temps en se penchant sur le casier judiciaire de ce prévenu, le président compte vite : « 4, 8, 10, 14, 15, 17 » condamnations y figurent. Stupéfiants, vols, recels, dégradations, violences, évasion : la totale. Trois ans de prison ferme prononcés en 2013, puis deux en 2016.
Pour essayer de comprendre ce fantôme, car absent à l’audience, une expertise est exhumée : « niveau d’intelligence moyen », tempérament « explosif », conception particulière de la « société » et des « rapports hommes-femmes ». Ses passages à l’acte « dépendent de différents facteurs difficiles à prévoir », il fonctionne sur un mode « ici et maintenant » car demain n’aurait pas d’importance, éclaire le spécialiste. Sa conclusion : « pas de dangerosité psychiatrique » mais une « dangerosité sociale et conjugale ».
Il arrête sa scolarité à 16 ans, devient chauffeur-livreur, agent de sécurité, puis stoppe sa carrière pour s’occuper de ses enfants. Il cultive la terre pour nourrir la famille.
Interpellé en février 2022 puis placé en détention provisoire, il y est resté jusqu’à être placé sous contrôle judiciaire. Il devait notamment pointer plusieurs fois par mois à la gendarmerie de Dumbéa, avec l’interdiction de se rendre dans la commune où se sont produits les faits, en l’occurrence Canala. Problème, selon son avocat : il n’a respecté ni le premier point, ni le second. Et avant que son cas n’arrive sur le bureau du tribunal ce mardi 5 août, les autorités ne se sont visiblement pas penchées sur son cas.
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Anthony Fillet



