Une femme blessée, un homme en prison. La première raconte que le second, qu’elle ne connaissait pas, l’a draguée lourdement alors qu’elle passait la soirée et la nuit avec des collègues puis des membres de sa famille, sur un parking à Koumac en décembre dernier. Elle en est certaine : c’est parce qu’elle a refusé ses avances qu’au petit matin, au volant d’un pick-up, ivre et sans permis de conduire, il l’a percutée avant de lui rouler dessus. L’affaire a été jugée il y a quelques jours au tribunal correctionnel de Nouméa.
L’arme de ce qui aurait pu être un crime est un Ford Ranger, d’un certain âge puisque ses plaques d’immatriculation affichent la série des 247 000. Il n’appartient pas au prévenu, mais à sa compagne. Celle-ci, bien qu’absente au moment des faits, « devrait être poursuivie » elle aussi, pour complicité indirecte en ayant laissé monsieur prendre le volant alors qu’elle savait qu’il n’avait plus le permis, car retiré pour des écarts passés, dénonce Fabienne Coupry, vice-procureure. La justice n’a pas oublié madame, la rassure la présidente du tribunal.
Ce mardi 5 août, c’est toutefois monsieur qui est jugé. Au sujet de cette nuit de la deuxième semaine de décembre 2024, il reconnaît une partie des faits (avoir bu, s’être amusé à faire des dérapages, avoir abordé la plaignante), conteste le reste (dont l’avoir percutée volontairement). S’il affirme, timidement, ne pas avoir dragué la victime en lui proposant qu’ils s’éloignent pour passer un moment intime à deux, mais au contraire avoir seulement discuté et plaisanté avec elle, est-ce parce que dans la salle, au deuxième rang, est assise sa compagne ? Pas évident d’avouer devant la mère de son enfant (âgé de 1 an) et en public que, chauffé par une forte consommation d’alcool, on a foncé vers l’infidélité. Si Theresio M. assure que non, il n’a pas été cet homme décrit comme oppressant avec cette femme, est-ce aussi parce qu’il a conscience que, s’il a véritablement agi ainsi, cela ne jouerait pas en sa faveur ? L’histoire qu’il raconte depuis le box, surveillé par des policiers, est bien moins violente que celle narrée par la victime, absente à l’audience.
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Anthony Fillet



