L’Union nationale pour l’indépendance, coalition qui rassemble le Parti de libération kanak (Palika) et l’Union progressiste mélanésienne (UPM), était mobilisée, samedi matin à l’Université de la Nouvelle-Calédonie, à Nouville, pour présenter et défendre l’accord de Bougival signé un mois plus tôt. Une réunion publique où la position du FLNKS, qui a officiellement rejeté l’accord, a évidemment été évoquée. Jean-Pierre Djaïwé, signataire de l’accord et porte-parole du Palika, fait le point.
LVDC : Vous organisiez, samedi à l’Université, une nouvelle réunion publique afin de présenter l’accord signé à Bougival. Plus d’un mois après la signature, le besoin de clarification est toujours important ?
J-P.D : Oui, tout à fait, il y a un vrai besoin de clarification. L’accord de Bougival, c’est un accord qui, comme l’accord de Nouméa ou l’accord de Matignon, a suscité beaucoup d’interrogations dans les rangs des Calédoniens. On le voit, beaucoup de personnes viennent et posent des questions parce qu’elles veulent savoir de quoi il s’agit précisément. Que nous réserve cet accord ? Que nous réserve l’avenir ? Lorsque nous avons signé, nous avons pris l’engagement de venir ici afin de l’expliquer, l’expliquer, l’expliquer. La pédagogie, c’est l’art de répéter.
LVDC : Vous avez déjà effectué plusieurs réunions publiques, notamment en Brousse. Quels sont les principaux retours de la population ? Peut-on parler d’espoir chez certains ?
J-P.D : Il y a beaucoup de questions, c’est tout à fait normal parce que les gens, encore une fois, ont besoin de comprendre. Mais, il y a une vision générale de dire que l’on veut construire le pays ensemble, qu’on ne veut plus aller dans le sens d’un affrontement mais, à l’inverse, qu’on peut aller dans le sens d’une souveraineté partagée encore plus avec la France. C’est une option qui unit, qui rassemble. Elle ne clive pas. Et je pense que nos camarades de l’UC-FLNKS, qui avaient évoqué « la souveraineté en partenariat », peuvent aussi être dans cette lignée. Car, justement, cet accord va dans ce sens-là. On est inscrit dans la Constitution française – et le mot « inscrit » a son importance – en attendant d’être désinscrit. C’est ce travail qu’on doit faire. Parce que le pays souverain, c’est le pays qui assume ses compétences de souveraineté. Et il y en a déjà une qui est transférée à la Calédonie, c’est celle qui concerne les relations internationales. Les autres doivent se faire dans le travail et dans le climat de confiance que l’on doit instaurer. C’est possible, quand on a la volonté.
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Propos recueillis par Claire Gaveau




