Le 1er juillet dernier, à Thio, un jeune de cette commune a envoyé le pick-up volé qu’il conduisait contre le genou d’un gendarme qui, au bord de la route, lui demandait de s’arrêter.
Un éléphant ça trompe énormément, paraît-il. Lancé à pleine vitesse, ça peut surtout détruire énormément. Un pachyderme, c’est l’« image » choisie par la vice-procureure pour faire comprendre au tribunal, et encore plus à ce prévenu de 18 ans, la puissance d’un pick-up qui viendrait percuter un homme. Isabelle Fuhrer s’est renseignée : un mastodonte adulte vivant en Asie ou en Afrique pèse en moyenne 4 tonnes, plus si la cantine est bonne.
Le véhicule, gris comme un éléphant, conduit par Gilles M. dans l’après-midi du mardi 1er juillet, affiche quant à lui, sur la carte grise, un poids à vide de 1 805 kilos. Avec ses occupants et ce qui traînait à l’intérieur, on dépassait ce jour-là les 2 tonnes. « C’est énorme, un pick-up », observe la présidente.
Deux fois plus léger que le mammifère terrestre le plus lourd, un Ford Ranger est bien plus dangereux, car nettement plus rapide. Selon les spécialistes, les meilleurs sprinteurs parmi les éléphants ont le plus grand mal à dépasser les 40 km/h. Le gendarme percuté estime la vitesse du chauffard au moins au double : « 80 ou 90 km/h ». Dit autrement : « il roulait très fort ». Tellement que dans le virage précédent, il a dérapé en sortie de courbe, avant d’attaquer à nouveau le bitume. En mode rallye. Il fonçait car il se doutait d’avoir, peu de temps avant, été repéré par une autre patrouille de gendarmerie. Les militaires avaient prévenu leurs collègues, stationnés plus loin. Ceux-ci, qui sortaient d’une opération de contrôle (à la recherche de voitures volées) organisée en fin de matinée, attendaient alors le fuyard.
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Anthony Fillet



