La Fédé appelle les fonctionnaires à la grève générale, demain, pour s’opposer aux mesures économiques que le gouvernement a récemment adoptées et qui seront soumises au vote du Congrès ce même jour. De même que l’on ne sait pas trop s’il y a « de bonnes ou de mauvaises situations »*, on ne sait pas trop s’il y a une bonne ou de moins bonnes périodes pour une grève. Ce que l’on sait en revanche, c’est qu’en Nouvelle-Calédonie la période est à l’incertitude la plus complète, sur le plan politique bien sûr, mais surtout en termes économiques. Le secteur privé en ruine, et qui a déjà tant souffert de l’insurrection du 13 mai, n’a guère de perspective : il ne lui reste que des angoisses. Un secteur privé qui, non seulement sollicite un soutien, mais qui réclame aussi de n’être pas le seul à payer l’addition salée laissée par la CCAT. Parallèlement, l’État conditionne son aide aux efforts que la Nouvelle-Calédonie devra fournir en termes d’économies et d’efficacité. Alors la Nouvelle-Calédonie a pris des mesures, que conteste donc la Fédé, estimant que ce n’est pas à la fonction publique de consentir à des sacrifices. Un vrai dilemme. Une société calédonienne déjà profondément divisée a-t-elle les moyens de supporter un antagonisme plus profond encore entre le secteur privé et la fonction publique ?
* Édouard Baer, dans le film « Astérix et Cléopâtre : Mission Cléopâtre », réalisé par Alain Chabat et sorti en 2002
Nicolas Vignoles



