Jugé pour avoir participé à l’organisation d’un rassemblement le 13 février à Nouméa devant le Haut-commissariat, alors qu’un arrêté pris justement par le Haut-commissariat l’interdisait en raison principalement du « contexte insurrectionnel » en cours « depuis plusieurs mois », le secrétaire de l’Union des groupements des parents d’élèves (UGPE), Jean-France Toutikian, s’est défendu il y a quelques jours. Le discours du prévenu a rapidement dérivé sur le politique, contraignant la présidente de cette audience au tribunal correctionnel à recadrer les débats. Elle n’a toutefois pas pu éviter la deuxième lame, assurée par l’avocate du mis en cause, Me Louise Chauchat.
Sandales sans chaussettes, pantalon, chemise et lunettes discrètes, cet habitant du Mont-Dore, professeur au lycée Do Kamo à Nouméa, proche de la retraite, marié et père de deux enfants, détonne parmi la petite dizaine de prévenus convoqués ce vendredi 1er août à l’audience collégiale : il est celui qui est né le plus loin (Paris), il est aussi le plus âgé (60 ans), le mieux payé (environ quatre fois le salaire minimum) et fait partie des rares à n’avoir aucun antécédent judiciaire. Monsieur tout-le-monde ? Pas forcément.
« Je fais partie des gens qui essaient de réfléchir »
Il est un bénévole impliqué dans son association, l’UGPE. Avant de venir au tribunal, il est allé apporter « tables, chapiteaux, chaises… » Il confie être souvent sollicité, pour son dévouement autant que pour le fourgon qu’il possède. « Donc c’est un peu trop facile », dit-il, de lui reprocher ensuite d’être un élément moteur. « Je fais partie des gens qui essaient de réfléchir (…) mais on était nombreux » à œuvrer sur ce dossier. « C’est un travail collectif. » Il a l’impression que les autorités font « plouf plouf » en choisissant d’arrêter « un par-ci, un par-là ». C’est l’axe de défense de cet homme, que l’on a recroisé, huit jours plus tard, au 45e congrès du FLNKS.
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Connectez vous pour y accéder !
Anthony Fillet



