Autant dire que Manuel Valls saute dans le premier avion pour Nouméa, puisqu’il sera à bord quarante-huit heures seulement après la conférence de presse du FLNKS. Il faut dire qu’il n’y a pas une seconde à perdre si le ministre d’État, ministre des Outre-mer, veut sauver ce qui peut l’être encore. Un ministre qui y met du sien, sans doute un peu trop jugeront certains, pour convaincre les indépendantistes du bien-fondé, pour eux et leur revendication, que représente l’accord de Bougival. Et ce sont ces mêmes arguments qu’il va mettre en avant lors de son séjour, dont on ne sait pas encore combien de temps il va durer. Mais on voit bien qu’aucun des arguments ministériels ne portent auprès des responsables et des militants de l’UC-FLNKS-CCAT, alors en quoi la prochaine visite de Manuel Valls pourrait-elle changer les choses ? Ce sera le grand challenge du ministre d’État, qui veut continuer d’y croire. Mais le vrai challenge est ailleurs pour Manuel Valls, qui devra décider s’il doit se soumettre et renégocier ou faire preuve de fermeté et tenir la ligne qu’il semble néanmoins s’être fixée. Assurément, cette visite représente la dernière chance pour le ministre des Outre-mer de sauver un accord qui porte sa marque et dont il a été le principal promoteur. Autant dire que l’ancien Premier ministre joue gros.
Nicolas Vignoles




