En colère, il brûle une mère devant ses trois enfants

Torture : le mot a été prononcé plusieurs fois mardi au tribunal. Christ O., 45 ans, y était jugé pour avoir, le matin du 26 mai 2024 dans un appartement des Tours de Magenta, volontairement et lentement versé de l’eau bouillante sur sa compagne, lui occasionnant un préjudice corporel durable. Ce n’est pas la première femme à laquelle il s’en prend et pas la première fois qu’il se retrouve en prison.

Par où commencer ? Les faits, horribles ? La douleur de la victime, les cris de sa fille aînée (âgée d’une dizaine d’années), les appels au secours répétés d’une voisine ? L’arrivée tardive de policiers débordés par la crise insurrectionnelle ? Les cicatrices de cette brûlée au 2ᵉ degré, sur 8 % du corps ? L’attitude peu rassurante du coupable, rejetant autant la faute sur lui que sur les autres ? Son passé, marqué par la violence ? Celui de la malheureuse, lui aussi douloureux ? On peut tourner l’histoire dans tous les sens, la prendre par le bout que l’on souhaite, le résultat est le même : l’écrire donne les mêmes frissons que ceux ressentis lorsqu’on l’a entendue. C’était mardi matin, au tribunal correctionnel de Nouméa, dans une salle d’audience proche d’être pleine, remplie en partie d’étudiants venus assister aux débats. On ne prend pas trop de risques en assurant qu’ils ne sont prêts d’oublier ce dossier ayant occupé la juridiction pendant deux heures.

Après le déluge de coups, la tempête

Cela aurait pu être plus marquant, encore, si une tempête, la veille, n’avait pas empêché la victime de monter dans le Betico pour faire le trajet depuis Lifou, où elle habite désormais avec ses trois enfants. Le sort semble s’acharner sur elle. Me Laure Chatain, avocate de l’association SOS violences, a alors pris la parole pour madame, racontant ce « calvaire » du 26 mai 2024 et les « années de souffrance » qui ont précédé, cette « violence subie par elle et par ses enfants ». Ces derniers « sont nés dans la violence », insiste l’avocate. Le premier, une fille, elle l’a eu « avec un autre homme, décédé quand elle était enceinte ». Elle « vivait en squat », puis elle a rencontré monsieur, ensemble ils ont eu deux enfants, ont pris un appartement. Au rythme des alcoolisations de monsieur (il dit aimer boire après le travail, avant de rentrer à la maison), les coups ont commencé, ne se sont jamais vraiment arrêtés. Jusqu’à ce dimanche de mai 2024. C’était le jour de la Fête des mères.

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Anthony Fillet

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