« Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu »*. Et Dieu ne fait pas de politique. Mais certaines de ses églises n’ont sans doute pas compris le message du Christ aux Pharisiens, ainsi l’Eglise protestante de Kanaky-Nouvelle-Calédonie (l’intitulé étant un programme politique par lui-même). Dans un long courrier adressé à Manuel Valls, le président de l’EPKNC, prend la plume, non pas pour appeler à la réconciliation des cœurs et des âmes calédoniens après tout ce que l’on a vécu comme on pourrait l’attendre d’un religieux, mais pour dénoncer l’accord de Bougival. « Encore une fois, écrit-il entre autres, on enchaîne la dignité du peuple kanak dans une mécanique institutionnelle conçue sans lui ». Un texte éminemment politique où tout ce qui n’est pas kanak est repoussé. Un pasteur est un berger, celui qui s’occupe des âmes, ça n’est pas un leader politique. Dans ces conditions, au vu de cette prise de position où le spirituel s’efface au profit du politique, on peut imaginer les discours qui doivent être véhiculés dans les temples de l’EPKNC. Ça n’est pas normal. Qu’aurait-on dit si dans ses homélies, Monseigneur Calvet avait appelé à voter non au référendum ? Que dirait-on si en chaire, Monseigneur Sionepoe appelait à soutenir un parti politique ? Dans cette Calédonie traumatisée et divisée, on attend un autre discours des hommes de Dieu.
Nicolas Vignoles



