Quand prendront-ils la parole publiquement ? Et que diront-ils ? Depuis la signature, collective, le 12 juillet, de « l’accord sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie » selon son intitulé exact, on ne les a pas entendus, ou si peu. Parmi les 18 signataires locaux (le 19e est le ministre, Manuel Valls), on en compte 4 issus des rangs de l’Union calédonienne : Emmanuel Tjibaou, Roch Wamytan, Mickaël Forrest et Omayra Naisseline. De retour sur le Caillou, le quatuor ne brille pas par un enthousiasme débordant. La délégation semble au contraire embarrassée, comme embourbée dans ses contradictions. Les sables sont mouvants. Elle s’était pourtant engagée, à l’instar des autres groupes politiques, indépendantistes ou non, à « défendre le texte en l’état », pas contre l’État ! Mais voilà que ce dernier se retrouve accusé, à nouveau, selon des cadres de l’UC, de ne pas aller assez loin dans l’autonomie qu’il propose d’accorder à la Calédonie et à son nouveau futur État. L’UC aurait-elle les yeux plus gros que le ventre pour ne pas se satisfaire d’un festin ainsi apporté sur un plateau ? Le penser serait une erreur, tant son appétit d’indépendance pure et dure apparaît insatiable. Dès lors, on brûle d’impatience d’entendre ces quatre signataires, principalement les trois derniers. Il se murmure qu’Omayra Naisseline souhaite retirer son accord, donné à l’accord trouvé à Bougival. C’est son droit. Mais par quels mots parviendra-t-elle à le justifier ? Pourquoi a-t-elle signé si elle était en désaccord ? Et qu’est-ce qui fait qu’en à peine deux semaines elle ait changé d’avis ? Son silence, assourdissant, inquiète. Il en va de même pour ses compères. Et que dire, alors, de Christian Tein ? Le président du FLNKS, non invité aux discussions à Bougival mais présent dans les coulisses, s’astreint depuis à un silence de cathédrale. Car il n’assume pas ? Ou est-ce parce qu’il ne cautionne pas ? Peur ou stratégie ? Peut-être a-t-il l’impression que, quelle que soit la position qu’il défendra, il se fera sonner les cloches.
Anthony Fillet



