Cela remonte à quand ? On ne sait même plus exactement. Une bonne vingtaine de mois, environ. Cela nous ramène à la dernière partie de l’année 2023. Avant l’arrivée du Père Noël. Avant la création de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), surtout. Christian Tein était alors un quasi-inconnu, loin de la renommée qu’il connaît aujourd’hui.
À cette époque, qui nous paraît aujourd’hui si lointaine qu’on a l’impression qu’elle appartient à un autre siècle, l’actualité plongeait parfois dans le creux de la vague. Les journalistes, des différents médias, se demandaient comment ils allaient combler le vide. Quasiment deux ans après le troisième référendum d’autodétermination, qui re-re-disait non à l’indépendance, la Calédonie semblait en pause, presque léthargique. Une longue sieste sous les cocotiers. Certes, il y avait quelques faits divers par-ci, par-là, une poignée de données peu rassurantes aussi, mais il y avait également quelques informations agréables, suffisamment pour faire pencher la balance du bon côté et laisser entrevoir la perspective d’un avenir plus serein que ne l’a été le passé.
Aujourd’hui, après une crise du nickel lourdement aggravée par une crise insurrectionnelle sur fond de racisme décomplexé, tout a changé. Nous sommes submergés d’informations – les journées ne sont pas assez longues, et les nuits trop courtes, pour tout traiter –, souvent déprimantes, quasiment jamais rassurantes. Être positif semble alors injouable. Plutôt qu’à moitié vide, on n’est pas contre l’idée de voir le verre à moitié plein, encore faut-il qu’il reste un peu d’eau dedans et que le récipient ne fuit pas de partout… Il y a deux ans, on s’ennuyait parfois, se plaignait qu’il ne se passe pas grand-chose. Avec le recul, on chérit cette période, où l’on était suffisamment serein pour dormir sur nos deux oreilles. Depuis l’avènement de la CCAT, c’est l’insomnie.
A.F.




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