Élie Païta a été condamné pour avoir percuté un véhicule occupé par des gendarmes en civil, au col de la Pirogue, lors des émeutes de 2024. Ce jour-là, il se trouvait aux côtés de Lionel Païta, tué au cours d’échanges de tirs avec les forces de l’ordre.
Une peine de deux ans de prison, dont un an avec sursis probatoire, a été prononcée à l’encontre d’Élie Païta par la cour d’appel de Nouméa, qui a rendu son délibéré mardi matin. Cet homme de 33 ans avait été reconnu coupable devant le tribunal correctionnel de violences commises sur des gendarmes au col de la Pirogue. Le 3 juin 2024, alors que le pays est à feu et à sang, ce père de famille était au volant d’un pick-up lorsqu’il avait pris en chasse un véhicule de location transportant des gendarmes en civil. Il les avait rattrapés et avait percuté leur véhicule à l’arrière. L’un des militaires de la gendarmerie avait dégainé son arme et fait feu à treize reprises. Élie Païta avait été sérieusement atteint au bras.
Son cousin, Lionel, petit-fils du grand chef de Païta, était sorti du pick-up et avait tiré à deux reprises avec son fusil. En riposte, un autre gendarme l’avait mortellement atteint à la tête. Devant la cour d’appel, Me Louise Chauchat, avocate d’Élie Païta, avait attaqué le parquet, qui selon elle « n’a pas cherché la vérité », avant de dénoncer « une justice à deux vitesses : expéditive quand il s’agit des Kanaks ; suspendue pour les forces de l’ordre ». La cour d’appel a décidé d’aménager la partie ferme de la peine d’Élie Païta sous la forme d’une détention à domicile sous surveillance électronique. Le parquet général avait requis trente mois de prison, dont dix-huit mois avec sursis probatoire.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche



