Rencontre avec… Sonia Backes

Sonia Backes rentre en Nouvelle-Calédonie, à l’issue du sommet sur la Nouvelle-Calédonie. La cheffe de file des Loyalistes et présidente de la province Sud revient pour nous sur l’accord de Bougival, qui a été conclu après dix jours d’intenses discussions.

LVDC : Quelques jours après la signature de l’accord, et avant votre retour à Nouméa, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Honnêtement, je suis soulagée, tout en sachant que le plus dur commence. Il va nous falloir aller au bout de ce processus, tant sur la rédaction des textes législatifs et constitutionnels, que sur le travail d’explication que nous aurons à mener auprès des Calédoniens. Mais, c’est en effet un vrai soulagement parce que cet accord, que nous avons durement et âprement négocié, nous donne de la visibilité et tout simplement de l’espoir.

LVDC : Aurait-il pu ne pas y avoir d’accord ?

Oui, très clairement. Et nous nous étions préparés à cette éventualité. D’ailleurs, à 5 heures du matin samedi, à deux heures de la signature, nous étions sur le point de repartir de Bougival sans accord. Nos valises étaient prêtes. Après des jours de négociation, il n’était plus question pour nous de changer le moindre mot d’un texte dont nous avions beaucoup discuté. L’absence d’accord était une issue non seulement possible, mais même probable.

LVDC : Que se serait-il passé alors si vous n’aviez pas conclu cet accord ?

La difficulté principale, et ça tout le monde le sait et en a bien conscience, elle est économique. L’économie calédonienne ne peut pas repartir aussi bien sans accord, qu’avec un accord. Nous aurions donc été à nouveau sans visibilité. On aurait continué comme avant, c’est-à-dire que les élections provinciales auraient sans doute eu lieu sans dégel du corps électoral, ce que nous aurions contesté. Nous serions donc restés dans ce processus de contestation du gel, nous aurions poursuivi ce combat-là par d’autres biais. C’est pour ça que l’accord que nous avons signé permet de nous projeter dans quelque chose, dans la construction. Vous savez, beaucoup de Calédoniens n’arrivent pas encore à appréhender le changement que va générer cet accord. On a du mal à se projeter parce que nous avons tous grandi depuis la fin des années 80. Cela faisait presque quarante ans que l’on vivait avec des épées de Damoclès au-dessus de nos têtes. À compter de maintenant, il va falloir nous projeter dans la construction d’un statut dans lequel il n’y a pas de date-limite, dans lequel il n’y a pas de fin. C’est complètement nouveau pour nous. Et ça, c’est quand même un souffle incroyable.

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Propos recueillis par Nicolas Vignoles

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