Malgré le contexte post-émeutes, l’Isee a dressé hier un premier bilan positif de la collecte du recensement général de la population, close le 28 mai. Place maintenant au traitement des données, dont les premiers résultats sont attendus fin juillet.
Après cinq semaines de recensement (du 22 avril au 28 mai), la satisfaction est au rendez-vous pour l’Institut de la statistique et des études économiques (Isee), qui a mobilisé plus de 930 agents sur le terrain. « On a réussi une collecte de bonne qualité grâce à l’ensemble des habitants. Plus de 110 000 foyers nous ont ouvert leur porte, soit la quasi-totalité des ménages », se réjouit Jean-Philippe Grouthier, chef de mission de l’Isee (institut national), venu en appui à l’Isee dans cette mission.
Ce bilan est une bonne surprise pour l’Institut local, qui s’inquiétait d’une éventuelle méfiance des habitants post-émeutes. Il n’en a quasiment rien été. « À l’arrivée, on a réussi à convaincre les gens que c’était important de répondre (…). Les refus ont été très limités. » Résultat des courses : 96 % des Calédoniens ont été recensés.
« À terme, toute la population est comptabilisée »
Dans le détail, 92 % des logements ont répondu aux questionnaires des agents recenseurs, quand 4 % se sont contentés de donner le nombre d’occupants du logement. Soit au final seulement 4 % de logements non recensés pour lesquels on n’a aucune indication : un chiffre très faible. « À terme, toute la population est comptabilisée », assure l’ISEE. Il n’y a pas de trous dans la raquette, selon l’inspecteur général, qui estime la marge d’erreur à 0,5 %. D’autant qu’un travail de « redressement » est mené sur les 8 % de logements non recensés intégralement. « On va traiter et redresser statistiquement la non-réponse en mettant un nombre moyen de personnes par logement non recensé », explique Jean-Philippe Grouthier. « Aucun risque » au sujet de la « fiabilité », assure-t-il.
Combien sommes-nous ?
On le saura bientôt. Car s’ouvre désormais la deuxième phase du recensement, à savoir le pré-traitement des données collectées. Fin juillet, les « populations de référence » seront connues. Autrement dit : la « population municipale » de chacune des 33 communes du territoire, ainsi que la population « comptée à part ». Il s’agit des personnes dont la résidence habituelle est située dans une certaine commune, mais qui ont déclaré avoir un lien avec une autre municipalité, comme par exemple un étudiant qui résiderait à Nouméa et qui serait issu d’une tribu à Canala. « Les deux populations ont du sens et de l’importance », indique Jean-Philippe Grouthier. Additionnées, elles forment la population totale, « celle sur laquelle le calcul des dotations s’appuie ». Les financements publics attribués aux communes en dépendent. Un chiffre par conséquent attendu de pied ferme.
Quant aux autres données (confort du logement, communautés d’appartenance, pyramide des âges, niveau de qualification…), qui nécessitent un traitement approfondi, elles seront connues dans le courant de l’année 2026.
La population a-t-elle baissé ?
S’il est encore trop tôt pour le dire, les premiers résultats attendus fin juillet donneront toutefois des indications. Et notamment « une estimation du solde naturel (naissances moins décès, NDLR) depuis le dernier recensement », a annoncé Jean-Philippe Grouthier. Par déduction, « il restera un ‘’morceau’’ qu’on peut plus ou moins assimiler à un solde migratoire apparent (entrées moins sorties du territoire, NDLR) sur la période 2019-2025 et qui pourra être affiné après ». De quoi confirmer ou infirmer les spéculations sur le nombre de départs qui vont bon train depuis les émeutes. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), David Guyenne, avait notamment avancé le chiffre de 10 713 départs nets en 2024, sur la base des données de passagers à l’aéroport de La Tontouta.
Béryl Ziegler



