Et maintenant, que va-t-il se passer ?

Cette question, nombre de Calédoniens se la posent, inquiets quant à l’avenir dès lors que l’accord, auquel sans doute ils croyaient, n’a pas été signé. Sonia Backes a tenu à répondre à ces inquiétudes. Après ses interventions sur RRB et à NC La 1ère, elle a publié un long post Facebook pour expliquer.

La présidente de la province Sud fait d’abord le point sur « la situation ainsi créée » par la non signature d’un accord. « Faute d’accord », dit-elle, « il n’y aura pas de réforme constitutionnelle. Compte tenu de la configuration du Parlement (Assemblée nationale + Sénat), aucun projet de réforme constitutionnelle ne recueillerait les 3/5e sans un accord global en Calédonie ». Et l’accord de Nouméa prévoit que, dans ces conditions, « l’organisation politique est donc maintenue à son dernier stade d’évolution ». Cela signifie, souligne Sonia Backes, que « la Nouvelle-Calédonie est Française, il n’y a aucun processus de droit à l’autodétermination ou d’accession à l’indépendance, les institutions restent (gouvernement, Congrès, provinces) et le corps électoral est gelé ».

Ce contenu est réservé aux abonnés.

Connectez vous pour y accéder !

Et Sonia Backes d’évoquer les prochaines provinciales, puisque Manuel Valls devrait proposer au gouvernement national d’organiser les élections avec le corps électoral gelé. « Le gouvernement se réunit en Conseil des ministres jeudi. Si ce point est abordé, les ministres devront se positionner sur cette question », précise Sonia Backes. « Lors de son avis rendu sur la question du corps électoral en 2023, le Conseil d’État a considéré qu’une loi organique (plus simple à faire adopter qu’une réforme constitutionnelle) pouvait venir atténuer les effets du gel du corps électoral. Ainsi, nous encourageons le gouvernement à présenter un projet de loi organique pour intégrer au corps électoral dès maintenant une partie des exclus. Les Loyalistes et le Rassemblement œuvrent dans ce sens. Sinon, le député Metzdorf s’est engagé à déposer une proposition dans ce sens. Une fois cette modification faite, les élections pourraient se tenir à condition qu’elles soient sécurisées. La triche organisée pour les législatives ne doit pas se reproduire. »

Faut-il avoir confiance dans l’avenir ?

« Évidemment, c’est plus simple d’avoir confiance dans l’avenir lorsqu’un accord entre toutes les parties prenantes a été trouvé », écrit Sonia Backes, pour qui les conditions d’un accord n’étaient pas réunies en raison d’un « ministre partisan » et des « indépendantistes n’ayant pas intérêt à le trouver avant les élections ». Alors, dit-elle, « il faut donc vivre sans accord en attendant que les conditions soient plus favorables », mais, précise la présidente de la province Sud, « l’accord politique n’est pas l’alpha et l’oméga de la stabilité » car, ajoute-t-elle, « sans accord, de manière un peu cynique, on est plus stables que jamais. Puisque rien ne change. » Et elle appelle à la mobilisation en faveur de la reconstruction et de la relance, étant donné que « la relance économique appartient à chacun de nous. Aux institutions qui mettent en place les conditions de la relance, aux entreprises qui investissent et embauchent sans l’idéal de visibilité qu’elles auraient souhaité, aux particuliers qui consomment en Nouvelle-Calédonie. » Et l’élue non-indépendantiste de conclure : « Comme dans tous les conflits du monde, il y aura une fin. Cet accord tant attendu arrivera un jour. En attendant, la résistance passe par le fait de croire dans la Nouvelle-Calédonie malgré toutes les difficultés. Parce que c’est chez nous. Et que l’on n’a pas l’intention de partir. »

N.V.

Fil d'actualité

Georges Selefen : « La route Paris a sauvé la compagnie »

Sa parole est rare. Deux ans après son arrivée...

Loyalistes et Rassemblement pour une politique de sécurité

C’est sous un chaud soleil, et dans un quartier...

Jacques Lalié : pourquoi la Cour de cassation a annulé sa condamnation

Un an et demi après la condamnation de Jacques...

Newsletter

Inscrivez vous pour recevoir chaque semaine notre newsletter dans votre boîte de réception.

Georges Selefen : « La route Paris a sauvé la compagnie »

Sa parole est rare. Deux ans après son arrivée à la tête d'Aircalin, Georges Selefen a accepté de faire le point sur la situation...

« Soutien Carburant Pro » : le gouvernement débloque une aide exceptionnelle pour les professionnels

Face à la hausse des prix des carburants, le gouvernement a mis en œuvre dès ce jeudi et pour trois mois un dispositif d’aide...

« Passer au-delà des blocages administratifs » : à Rivière Salée, dialoguer pour vaincre la délinquance

Depuis cinq mois, la police nationale et différents acteurs du quartier de Rivière Salée se réunissent en petit comité pour chercher des solutions concrètes...