Valls voulait l’indépendance !

Le ministre des Outre-mer nous promettait une solution innovante et intelligente. Finalement, et semble-t-il de son propre chef, il a mis sur la table l’indépendance-association ou plus exactement la « souveraineté dans la France ».

Ce jeudi, Manuel Valls ne cachait ni son désappointement ni son aigreur au fait que les représentants de ceux qui ont voté « non » par trois fois, refusent sa proposition. Et voilà Loyalistes et Rassemblement coupables, et peut-être même responsables d’un chaos dont le ministre lui-même nous a menacés, prédisant l’imminence. Manuel Valls a bâti sa proposition en prenant le 13 mai comme référence de la situation ainsi créée, et non pas décembre 2021 quand, ainsi que le déclarait Emmanuel Macron à la télévision, « la Nouvelle-Calédonie a décidé de rester française ». C’est soit une erreur de jugement, soit un déni de démocratie ; en tous les cas, c’est la prime versée à ceux qui ont préféré les armes aux urnes. C’est surtout, dans l’esprit de Manuel Valls, l’aboutissement d’une vieille politique socialiste à l’égard de la Calédonie, défendue en son temps par Edgard Pisani ou Alain Christnacht.

Il y a aussi de confondant que, ce projet de souveraineté dans la France, Manuel Valls l’a posé tout seul, comme s’il était le seul et unique garant de l’unité et de l’intégrité nationales !

La Calédonie, qu’en a-t-il compris ?

L’ancien Premier ministre socialiste s’est donc imaginé que les Calédoniens allaient renier leurs convictions et applaudir à un projet qu’ils refusent et rejettent depuis des décennies. « J’aime la Nouvelle-Calédonie, je la connais bien », nous a-t-il dit hier, arguant du fait qu’il avait croisé des Calédoniens, mais qu’en a-t-il compris ?

Maintenant, les regards se tournent vers Paris où Manuel Valls atterrit porteur d’un échec dont il va devoir rendre compte au président de la République, au Premier ministre et au gouvernement. Autant d’autorités qui voudront savoir et comprendre pourquoi cet accord dont le ministre des Outre-mer se prévalait d’arracher, n’a pas abouti et ce qui a motivé Loyalistes et Rassemblement à le rejeter.

Nicolas Vignoles

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