La danse fait sa rentrée

Quelle rentrée 2025 pour les activités sportives ? Exemple avec Bacha’Nea, association naissante de danse, à Nouméa, qui vit sa première rentrée.

L’association Bacha’Nea a vu le jour en décembre, créée par Dimitri, un danseur de 28 ans, qui pratique la bachata depuis huit années. Le danseur se réjouit de voir déjà « une vingtaine d’élèves par cours ». Avant, il donnait des leçons avec un ami au sein d’une école regroupant chaque année une cinquantaine d’élèves. Cette année, c’est donc une «première en tant que solo», précise-t-il.

Le danseur constate de nombreux départs depuis le Covid-19 il y a cinq ans. «Le fait que les frontières aient rouvertes, il y a eu beaucoup de personnes qui n’avaient pas vu leur famille depuis des années, et qui sont parties », explique-t-il. Néanmoins, «on a gagné un peu plus d’élèves par rapport à l’an dernier (…), donc c’est plutôt agréable », constate-t-il à l’issue d’un cours.

Du côté de L.Danse, dont les cours de modern-jazz sont accesibles dès 4 ans, Fanny, la gérante, a constaté une perte de près de 50 élèves au cours de l’année 2024, sur un total de 130 inscrits au mois de mars. Cette année, elle espère avoir 110 élèves. Cette relance, la gérante l’explique notamment par la fermeture et le déménagement de quatre écoles de danse.

Pour Kizomba Art Studio, dont la clientèle est similaire à Bacha’Nea (principalement des actifs majeurs), et dont le fonctionnement est similaire (inscriptions pour plusieurs cours), Léa et Jérémy, les professeurs, comptent un total de 40 à 45 personnes réparties en trois niveaux. «Mais là aussi, cela peut varier en fonction des sessions et surtout depuis les émeutes », complète Léa, car « les gens font globalement plus attention à leurs dépenses, notamment en termes de loisirs », et «des personnes ont également mis du temps à revenir aux cours car elles craignaient pour leur sécurité ».

S’investir sur le long terme

Pour l’association Bacha’Nea, lancée quelques mois seulement après les émeutes, Dimitri souhaitait avant tout «partager un petit peu notre envie de la bachata». Il cherche déjà à « inviter des artistes internationaux dans les mois à venir », pour qu’ils viennent donner des cours, participer à la création de festivals, faire des démonstrations, etc, pour « faire évoluer le niveau de la Nouvelle Calédonie ». Avec l’argent des inscriptions, il pense notamment faire venir des artistes australiens pour commencer, «parce que c’est plus abordable en termes de prix, d’expérience et c’est plus proche », mais à terme il a aussi des amis qu’il souhaiterait faire venir d’Europe. «J’ai des copains et des copines (en France et en Espagne) qui excellent dans ce domaine-là et qui méritent, pour moi, de voyager, un peu partout dans le monde, et de se faire connaître », partage le danseur. La danse, Roman, étudiant à l’université de Nouvelle-Calédonie en Licence informatique, en a fait une vraie «passion».

L’Australie, un tremplin

«C’est la première fois que j’adhère autant Ă  une discipline, que je m’investis autant dans quelque chose», dĂ©veloppe l’étudiant. En un an, il a pris des cours particuliers «avec Dimitri, parce qu’il revenait de France et qu’il avait Ă©normĂ©ment de choses Ă  apporter », et a participĂ© Ă  des festivals internationaux, comme le Bailando Sensual Festival 2025 de Sydney, dont il revient tout juste. «En Australie, les danses que j’ai faites m’ont permis de beaucoup Ă©voluer dans ma danse. Et de voir la diffĂ©rence de niveau entre ici et ailleurs», complète Roman. La bachata «c’est un loisir, un sport. Mais c’est aussi une famille, des amis», tĂ©moigne Thibault, un Ă©lève de Bacha’NĂ©a, qui entame sa quatrième annĂ©e de pratique. Il a Ă©galement participĂ© au Festival de Sydney «avec Dimitri, qui a gagnĂ© deux trophĂ©es», ajoute-t-il. Le premier prix en «bachata nama», complète le professeur, une «battle en solo» contre plusieurs danseurs et danseuses, et la 2e place en «Jack and Jill », en duo avec un partenaire inconnu tirĂ© au sort. Une fiertĂ© pour le danseur, qui a surtout Ă  cÅ“ur de « transmettre ses connaissances» Ă  ses Ă©lèves.

JĂ©rĂ©my et LĂ©a ont aussi voyagĂ© de nombreuses fois Ă  l’international pour la danse. JĂ©rĂ©my a notamment commencĂ© Ă  se former en kizomba il y a dix ans en Australie avant de revenir crĂ©er son Ă©cole Ă  NoumĂ©a, en 2016. Avec sa partenaire LĂ©a, ils ont Ă©tĂ© invitĂ©s en Australie pour donner des cours et des shows lors de festivals, «ce qui a Ă©tĂ© très formateur et challengeant pour nous», s’exclame la danseuse. «Depuis, nous partons tous les ans, en Australie et de temps en temps en Nouvelle ZĂ©lande, comme en janvier de cette annĂ©e, pour donner des cours en festival. » En 2019, leur Ă©cole a mĂªme gagnĂ© la première place d’un concours Ă  Sydney.


Portes ouvertes

Kizomba Art Studio et Bacha’Néa proposeront, le samedi 1er mars, une journée portes ouvertes pour venir découvrir la bachata et la kizomba. Kizomba Art Studio reprendra ses cours à l’issue, dès le mercredi 5 mars.


Différents prix

Pour Bach’Nea, une série de huit cours, tous les lundis pendant deux mois, s’élève à 10 000 francs par personne, 8 000 francs par couple ou pour les moins de 25 ans. Pour Kizomba Art Studio, le prix de la session de cinq cours est de 7 500 francs, soit 1 500 franc le cours. L’ambition, à terme, est développer des avantages étudiants pour inciter les jeunes à s’incrire, comme ils ont pu le faire avant le Covid-19.



Lucile Chaurand

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