Le tribunal correctionnel a condamné Rudy Wamytan, un habitant de Saint-Louis, à de la prison ferme pour avoir volontairement percuté des militaires de la gendarmerie sur la RP1, en avril 2022. Ils avaient été visés par des tirs de fusil au même moment.
S’il a préféré garder le silence pendant une partie de son procès, « c’est parce qu’il est en deuil, il souffre ». Rudy Wamytan a appris la mort de son frère Rock Victorin Wamytan dit « Banane », tué par un tir du GIGN en juillet dernier, depuis sa cellule du Camp-Est. La permission de sortie pour assister à son enterrement lui a été refusée. Cela fait maintenant deux ans que Rudy Wamytan attend son jugement en détention provisoire.
Il a fallu au tribunal correctionnel de Nouméa remonter au 21 avril 2022 pour aborder ce dossier. Cette nuit-là, le conducteur d’une Nissan Patrol avait pris à partie les gendarmes alors qu’ils se trouvaient sur la route de la tribu de Saint-Louis (Mont-Dore). Ils intervenaient dans le secteur parce qu’on leur avait signalé des rodéos dangereux et un véhicule en feu. Mais pour Rudy Wamytan, l’intervention des gendarmes aux abords de cette tribu était illégitime. Et il leur a fait savoir… à sa façon : « Rentrez en France », « sales blancs », « ne vous étonnez pas si vous prenez une balle », « ça va finir comme en 84 ». Alors qu’il venait de quitter les lieux pour éviter que la situation ne dégénère davantage, le véhicule sérigraphié avait été percuté par l’arrière par la Nissan Patrol. L’équipage a formellement reconnu Rudy Wamytan au volant. De retour à Saint-Louis à bord d’un véhicule blindé un peu plus tard, les gendarmes avaient été visés par deux tirs d’arme à feu. « On nous a éclairés avec des projecteurs. On nous attendait. La première balle a sifflé du côté du conducteur », se souvient un gendarme.
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Jean-Alexis Gallien-Lamarche



