« On le touche avec les yeux »

En marge de la visite présidentielle, la Calédonie accueille cette semaine le trophée Webb-Ellis, remis tous les quatre ans à l’équipe championne du monde de rugby. Entre visites institutionnelles et festivités avec les licenciés, le bonheur est grand.

Le trophée est arrivé dimanche, à la veille du président de la République. Si Emmanuel Macron devait s’envoler hier soir vers le Vanuatu avant de rejoindre la Papouasie-Nouvelle-Guinée pour la suite de son voyage officiel, la coupe Webb-Ellis va poursuivre son séjour calédonien. Après un détour par Pouembout et par Bourail mardi, elle était de retour dans le Grand-Nouméa mercredi. « Comme le voyage à Wallis-et-Futuna a été annulé, on a dorénavant un programme d’une semaine. Cela nous a permis d’aller dans le Nord », glisse Pierre Forest, vice-président du Comité régional de rugby.

« En faire profiter tout le monde »

A l’image du programme du chef de l’Etat, le parcours de ce trophée, véritable objet d’art en argent et plaqué or, d’une hauteur de 38 centimètres et d’un poids de 4,5 kilos, est tout aussi chargé. Ainsi, jeudi, la coupe du monde de rugby, détenue par l’Afrique du Sud ces quatre dernières années, enchaînera les déplacements institutionnels avec à la province Sud et logiquement au gouvernement le matin, puis à la mairie de Dumbéa dans l’après-midi avant une présentation au kiosque, place des Cocotiers, entre 17 heures et 19 heures. « L’idée est aussi d’en faire profiter tout le monde, pas seulement les licenciés. On voulait partager cela avec un maximum de personnes, comme l’ont fait les organisateurs de France 23 », avance l’ancien responsable de la Direction jeunesse et sport.

Les jeunes (et moins jeunes) passionnés de l’ovalie auront, eux, un moment privilégié, samedi, de 10 heures à 18 heures, sur la pelouse du stade de Rivière-Salée, en marge des phases finales du championnat seniors de rugby à VII.

Dix jeunes de Maré

invités Une grande fête à laquelle devrait participer certains jeunes de Maré, où une école de rugby a vu le jour il y a quatre ans maintenant. « On n’avait pas le temps de se déplacer là-bas, du coup, le Comité a proposé de prendre en charge dix billets d’avion, pour neuf jeunes, parmi les plus méritants, et un encadrant, pour qu’ils viennent également profiter de ce moment », poursuit le dirigeant, alors que le programme s’achèvera, dimanche, par une visite à la mairie du Mont-Dore et une exposition à l’aéroport de Tontouta.

Mais, pas question d’effleurer ne serait-ce qu’une seconde ce trophée, précieusement gardé au Château Royal chaque nuit, tant convoité par les meilleurs rugbymen du monde. « Personne n’a le droit de le toucher, seuls les champions du monde ont le droit. Même moi, je le touche avec les yeux », rigole-t-il. Pas grave. Ces moments, presque inespérés, étaient particulièrement attendus par les responsables locaux. “Normalement, une fois que le trophée est arrivé dans le pays organisateur, il ne peut plus ressortir jusqu’à la fin de la compétition”, expliquait avant l’arrivée Pierre Forest, regrettant que le territoire ait été oublié alors que le Pacifique est pleinement représenté dans les rangs tricolores, avec le talonneur Peato Mauvaka (Toulouse), le pilier Sipili Falatea (Bordeaux-Bègles), le deuxième ligne Romain Taofifenua (Lyon) et le centre Yoram Moefana (Bordeaux-Bègles) parmi les joueurs présélectionnés en vue de la Coupe du monde de rugby. Et si un Calédonien soulevait cette œuvre d’art le 28 octobre prochain au stade de France ?

Claire Gaveau

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