Ancienne commerciale pour le journal (et site internet) Le Gratuit, elle a été reconnue coupable, vendredi, d’avoir détourné des fonds en 2018, et condamnée, conformément aux réquisitions du parquet, à six mois de prison avec sursis.
Baskets banches, jupe à rayures noires et blanches, chemise en jean retroussée laissant apparaître des tatouages aux poignets, la prévenue, une trentaine d’années, détonne parmi les personnes jugées par le tribunal correctionnel de Nouméa. Il lui est reproché d’avoir dérobé, en plusieurs fois, une somme totale avoisinant les 1,2 million de francs. Parmi ses clients, qui payaient pour que soient publiées des publicités, figuraient des marabouts. Avec eux, la stratégie de la direction était stricte : pas de crédit, pas de chèque, pas de virement. Ils devaient régler la facture en espèces et en avance. Pas confiance.
Après chaque transaction, la commerciale était censée déposer l’argent à la comptabilité. La procédure, fastidieuse, consistait à remplir, de façon manuscrite, deux carnets, dans lesquels devaient être inscrites la date, la somme, l’identité de la personne, etc. Problème : à l’heure du bilan financier, il a été constaté un trou dans la trésorerie. Où est passé l’argent des marabouts ? La commerciale raconte qu’elle a perdu environ 300 000 francs lors d’un vol de ses affaires, dans sa voiture. Pour le reste, elle assure qu’elle a bien remis les billets à son employeur, comme prévu.
« Je n’ai pas pris cet argent »
Mère de plusieurs enfants, actuellement enceinte et un temps en délicatesse financière, elle plaide la « négligence », concède ne pas avoir toujours pris le temps de correctement remplir les cahiers car trop pressée en fin de journée : elle raconte qu’il lui est arrivé de déposer l’enveloppe sur le bureau de sa hiérarchie, sans contrôle derrière. « Je suis responsable de la négligence, mais je n’ai pas pris cet argent », insiste la mise en cause, pas aidée par le témoignage, à charge, de plusieurs de ses anciens collègues.
Si ce n’est pas elle, alors qui a volé l’argent au sein de l’entreprise ? « Je ne sais pas », répond la commerciale. « Je n’ai pas eu le temps d’enquêter », précise-t-elle, car « j’ai été tout de suite licenciée ». Elle cogère actuellement des salons de coiffure.
Son avocate, Me Nathalie Lepape, pour qui « ce dossier manque de preuves sonnantes et trébuchantes », notamment car aucun mouvement suspect n’a été repéré sur les comptes bancaires de sa cliente, a annoncé son intention d’interjeter appel.
Anthony Fillet



