Ils font partie d’un groupe qui, le 24 juin à Dumbéa, a dévalisé une boutique de réparation de téléphones. Deux mois après les faits, qu’ont-ils à dire ? Ils comparaissaient fin août devant le tribunal correctionnel de Nouméa.
Trois prévenus, autant d’histoires différentes. Le plus âgé a 22 ans, il est né à Nouméa, vit à Dumbéa. Sept fois condamné, dont cinq pour des vols. « En vrai, je me suis calmé un peu, et puis après il y a eu les émeutes… » Pas de diplôme, pas de travail, il dit chercher, sans forcer, dans la maçonnerie. En couple depuis cinq ans, il va bientôt devenir père. Comment imagine-t-il la suite ? « Je vais purger mes peines » puis « aller aux Îles » : il pense « à Ouvéa, pour éviter un peu de recommencer tout ça ». Il a de la famille à Iaai. Il lui est reproché d’avoir, ce 24 juin, dérobé une visseuse, dix câbles et cinq téléphones (qu’il a finalement jetés puisque hors d’usage). Il raconte qu’il était « là -bas pour l’affrontement » entre émeutiers et forces de l’ordre et qu’il a profité de l’occasion pour cambrioler, avec des complices, cette boutique. « Il représente cette jeunesse calédonienne qui s’est tournée vers la délinquance par manque de perspectives », suggère son avocat. Ce n’est« pas un délinquant endurci », il « a commencé une démarche de prise de conscience » et montre « des progrès » qui sont « en passe de se réaliser ». La plaidoirie fait tousser le substitut du procureur, Richard Dutot, qui voit plutôt L. Cuki et son principal complice (M. Sciendi) comme des jeunes « qui sont déjà des routards de la délinquance et qui n’ont plus à faire leurs preuves ». Il requiert quinze mois de prison ferme contre les deux.
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Anthony Fillet



