L’URCD plaquée par les émeutes

À deux reprises depuis le début de la crise insurrectionnelle, le club de Dumbéa a été victime « d’une bande de voyous ». Les dégâts se chiffrent à plusieurs millions de francs.

Épargnée lors des premiers jours d’émeutes, l’Union rugby club de Dumbéa (URCD) accuse aujourd’hui le coup. Une dizaine de jours après le début des exactions, le local du club avait d’abord été vandalisé. Les placards avaient été intégralement retournés, certaines vitres avaient été cassées et les affaires avaient été jetées à même le sol.

Dans la nuit de lundi à dimanche, l’association sportive a subi un nouvel assaut alors que l’un des containers, situé sur le terrain de Koutio, a intégralement brûlé. À l’intérieur, des ballons, des plots, des chasubles et des maillots notamment destinés à toutes les catégories d’âge. Mais aussi « des protections de poteau et toute la signalétique pour les terrains », souffle Frédérick Hervouët, le président du club. Soit entre « cinq et sept millions de francs » de dégâts matériels. « Une protection de poteau coûte 250 000 francs par exemple, un maillot c’est 3 500 francs », détaille celui qui a succédé à Taofifenua Falatea à la tête de la présidence.

Bientôt des « sportifs vigilants » ?

Après cette seconde attaque, le deuxième container, qui contenait « plutôt le matériel destiné aux seniors, comme les sacs de plaquage ou le joug (un appareil pour travailler la mêlée, NDLR) », a été intégralement vidé par les bénévoles. Histoire de sauver ce qu’il est encore possible, à défaut de pouvoir le protéger. Car, à l’image des barrages de voisins vigilants installés aux quatre coins de l’agglomération, le club voulait mettre en place « des sportifs vigilants ». « Les grands étaient prêts à venir, à se mobilier. On a fait une demande à la mairie pour protéger la zone, mais elle ne l’a pas acceptée », regrette Frédérick Hervouët, désabusé face à la situation, et qui craint que la zone et les terrains de rugby et de football (lire encadré) deviennent « le QG de toute cette bande de voyous ».

Pas question, pourtant, de baisser les bras malgré les conséquences économiques. « L’avantage c’est que pour jouer eu rugby, on n’a pas besoin de beaucoup de matériel. Là, les pertes, elles sont surtout sentimentales », assure Frédérick Hervouët, qui va notamment pouvoir utiliser les économies initialement prévues pour « des projets à Fidji, à Wallis-et-Futuna et à Tahiti » pour repartir de l’avant. « Les clubs professionnels avec qui on est en contact ont été sollicités, on a également du matériel à droite et à gauche… On va rebondir », assure-t-il. Avec l’envie, dorénavant, que le ballon ovale reprenne ses droits sur la pelouse. Ici, et ailleurs. « Il faut être présent, il faut que la vie soit plus forte. On veut simplement continuer à vivre », dit-il. Sans jamais oublier le vivre-ensemble alors que le club, créé en 2009, affiche depuis ses débuts la devise « trois couleurs, un seul club ».


Le Dumbéa FC également touché

Le lendemain de l’incendie du container de l’URC Dumbéa, le Dumbéa FC, club de football dont le terrain et les locaux sont situés sur le même site de Koutio, a également été la cible des émeutiers. « Notre local a été brûlé la nuit dernière, celui-ci contenait l’administration, le stockage, et la logistique du club. Des années de travail, de partage, d’éducation et de joie parti en fumée. Pourquoi ? », a alors réagi, sur Facebook, le club dumbéen, qui n’avait « pas les mots ».



Claire Gaveau

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