« Ce n’était pas vraiment pour les toucher, c’était juste pour leur faire peur »

Jugé vendredi à Nouméa en comparution immédiate, un homme de 22 ans, reconnu coupable d’avoir lancé des cailloux sur des policiers mardi dernier à Portes-de-Fer, a été condamné à six mois de prison ferme, sans maintien en détention. Il a maintenant rendez-vous avec le juge d’application des peines, susceptible d’aménager la sanction, par exemple sous la forme d’un bracelet électronique.

Son interpellation, mardi, part d’une patrouille de la brigade anticriminalité (Bac) qui constate la présence, près de la rue Armand Olhen, d’un barrage (pneu en feu et fil de fer tendu) venant d’être érigé. En sortant de leur véhicule, les policiers sont la cible de projectiles. Des collègues d’une Compagnie républicaine de sécurité (CRS) arrivent en renfort et sont à leur tour visés (cailloux, bouteille en verre). Les policiers de la Bac font le tour et prennent à revers des émeutiers.

Deux sont arrêtés : un mineur (passé jeudi devant le juge des enfants) et donc cet homme de 22 ans, célibataire, sans enfant, t-shirt noir avec écrit, en gros et en blanc, New York. Rien à voir avec sa ville de naissance et de résidence : Nouméa.

Est-ce la première fois qu’il se trouvait sur un barrage, l’interroge la représentante du parquet, Isabelle Fuhrer. « Non, la troisième », répond le prévenu. Avait-il déjà lancé des pierres sur les forces de l’ordre ? « Non, c’est la première fois. » Combien de cailloux jetés, demande cette fois la présidente de l’audience, Stéphanie Piessat. « Plusieurs. Je ne sais pas le nombre exact. » Sa motivation ? « Ce n’était pas vraiment pour les toucher, c’était juste pour leur faire peur, pour éviter qu’ils détruisent le barrage. » La raison de cette barricade ? « On voulait rendre hommage à un mec tombé à Païta. » Sur demande de qui ? « On n’a pas reçu d’ordres », assure-t-il. Avec le recul d’une nuit en détention provisoire, « il regrette », n’a « pas envie de revenir en prison », concède que l’hommage aurait pu être rendu « par la pensée » et qu’« il faut peut-être arrêter tout ça ». « Pas peut-être », le coupe la présidente.

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Anthony Fillet

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