L’entrée de DSM, devenue impasse politique

Des gendarmes contrôlant l’accès au pont des Érudits, et 100 mètres plus loin des militants indépendantistes agitant des drapeaux sur le rond-point de Géant : depuis des jours, la situation est figée, toutefois plus calme qu’au début de la crise il y a un mois.

Trois lettres, invariablement dans cet ordre : DSM. Quand le Grand Nouméa ne brûlait pas encore, que le réseau routier ne ressemblait pas à un périlleux labyrinthe, vous ignoriez peut-être le surnom de Dumbéa-sur-Mer, jeune zone commerciale et résidentielle, populaire, construite autour d’un hôpital (Médipôle) et d’un supermarché (Géant Dumbéa Mall). Depuis quatre semaines, à force de l’avoir vu passer et repasser sur les réseaux sociaux, souvent pour de mauvaises raisons, l’abréviation vous est sans doute plus familière.

La colère, la violence, la folie sont passées par là. Dans les émeutes ayant commencé le 13 mai, DSM paie un lourd tribut : des bâtiments et commerces saccagés et incendiés (pas forcément le fait de jeunes du quartier), des blessés et un mort, tué par un policier hors service le 24 mai au squat Bagdad. Pendant des jours, sur le boulevard Jacques-Wamytan et son prolongement, ligne droite longeant la Savexpress et allant de l’échangeur de Koutio jusqu’au Mall, en passant donc devant le Médipôle, le secteur était entièrement tenu par des militants indépendantistes, qui avaient érigé des barrages, certains avec fouille des véhicules. Il a fallu plusieurs interventions massives des forces de l’ordre pour que celles-ci reprennent le contrôle de la zone.

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Anthony Fillet

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