Pas de rassemblement malgré des appels à manifester et des élèves ouverts au dialogue, qui ne veulent à aucun prix revivre les événements de 2024 : c’est le constat de la membre du gouvernement en charge de l’enseignement Nina Julié, qui a rencontré hier le Conseil calédonien de la vie lycéenne.
« Aucun blocage, ni rassemblement, ni incident n’a été recensé en Nouvelle-Calédonie dans le cadre de la mobilisation lycéenne annoncée mercredi dans le sillage de la mobilisation nationale ». C’est le constat lapidaire effectué par le haut-commissariat dans la matinée d’hier, alors que des tracts appelant à la manifestation et au blocage dans plusieurs lycées circulaient depuis le début de la semaine. Les forces de l’ordre et le vice-rectorat avaient misé sur la vigilance pour cette journée de mercredi, et on les comprend lorsqu’on assiste, sidéré, au spectacle des débordements en marge des manifestations lycéennes hexagonales. Rien de tout cela donc en Nouvelle-Calédonie, bien au contraire.
Les élèves calédoniens « encore traumatisés par les exactions »
« Je vois à cela trois raisons », avance Nina Julié, membre du gouvernement en charge de l’enseignement, qui a reçu hier après-midi aux côtés du haut-commissaire Jacques Billant et du vice-recteur Didier Vin-Datiche les membres du Conseil calédonien de la vie lycéenne. « La première, c’est que les lycéens sont encore traumatisés par les exactions de 2024, ne veulent pas prendre le risque de créer les conditions propices à des violences et ne cautionnent en aucun cas ce qui se passe en métropole. La deuxième raison, c’est que les chefs d’établissements ont effectué un gros travail en amont avec les représentants des lycéens. Ils ont dialogué avec eux, écouté leurs doléances, tenté de comprendre d’où pouvaient provenir certaines revendications et les appels à la mobilisation. Troisièmement, le contexte scolaire calédonien ne se prête pas à l’organisation d’éventuelles manifestations : certains élèves sont stressés par les examens à venir, d’autres par Parcoursup, et nous sommes à trois jours de vacances scolaires »…
De vraies problématiques
Cette réunion conjointe haut-commissariat, vice-rectorat et gouvernement a été l’occasion d’évoquer avec les représentants des lycéens les problématiques liées aux établissements et à la vie scolaire : « il y a de vraies demandes », reprend Nina Julié, « par exemple sur des salles de classe qui prennent l’eau quand il pleut, ou des cantines qui ne fonctionnent pas. Je salue au passage le sens de la responsabilité de nos jeunes, qui comprennent qu’on peut faire remonter les problèmes et discuter des solutions sans descendre dans la rue et tout casser. Les élèves calédoniens sont également conscients que le niveau général a baissé et ne font pas partie de ceux qui veulent travailler moins ». Gouvernement et vice-rectorat ont ainsi pu évoquer avec le Conseil de la vie lycéenne les travaux en cours et à venir sur différents lycées. « On a aussi parlé de l’insécurité avec notamment des cas de harcèlement lourdement accentués par les téléphones portables, que je souhaite faire interdire dans les collèges à la rentrée 2027 », annonce Nina Julié. Une nouvelle réunion est programmée le 4 novembre prochain.
I.P.


