Parmi les fléaux qui concernent la Nouvelle-Calédonie, il en est un dont on parle peu, c’est l’illettrisme. Comme pour beaucoup de choses en Calédonie aussi, on manque de données fiables sur un sujet pourtant majeur en ce qu’il empêche lui aussi de faire société. La dernière enquête sur ce thème date de plus de dix ans, et à l’époque, il avait été indiqué qu’un Calédonien sur cinq (!) était concerné par le problème. Les tests réalisés à l’occasion des JDC, Journées Défense et Citoyenneté, montrent que 12 % des jeunes Calédoniens ont des difficultés en lecture. On comprend ce qu’a d’handicapant, à notre époque, de ne pas savoir ou de mal lire et écrire, mais cela va plus loin. Ne pas savoir lire, ou lire très mal ou pas du tout, conduit à l’abolition de la réflexion, donc de la pensée. Les causes de l’illettrisme en Calédonie sont multiples et ne sont pas liées directement à une situation économique et/ou sociale, c’est un enchaînement de facteurs, dont celui de ne pas trouver sa place à l’école, une école qui, comme chacun sait, n’instruit plus mais pallie l’absence des parents en termes d’éducation. Il y a lieu de s’inquiéter de cette situation, car l’avenir d’une société dans laquelle un de ses membres sur cinq ne dispose pas des moyens cognitifs pour s’intégrer, participer, progresser, ne peut être que sombre.
Lucien Lacombe

