Après avoir vu son restaurant d’application entièrement détruit par les flammes en juillet dernier, le lycée Jean XXIII, à Païta, a été le théâtre d’un nouvel incendie mardi, cette fois au niveau d’une case située dans son enceinte. Stéphanie Stumph, la directrice de l’établissement, a déposé plainte mais affirme vouloir « rester confiante » malgré ces épreuves.
Le restaurant d’application du lycée Jean XXIII avait été détruit par les flammes le 25 juillet dernier ; moins de deux mois après, c’est une case traditionnelle servant à la fois de préau et de salle de sport aux élèves qui est touchée par un incendie mardi. Cette fois les dégâts sont limités, même si, précise la la cheffe d’établissement de Jean XXIII, « j’ai fait entourer par précaution la construction de rubalise en attendant que l’expertise confirme ou non que la structure en bois va bien tenir ».
« J’ai foi en mes enseignants et en mes élèves »
Stéphanie Stumph entend bien garder le moral, nécessaire pour continuer de porter la dynamique enseignants/élèves: « en tant que capitaine du navire, j’ai l’obligation de rester confiante et positive, déclare-t-elle. J’ai toujours foi en mes enseignants et mes élèves. Il faut avancer, porter les projets, trouver des solutions. » Les solutions il en faut, puisque les élèves de CAP cuisine et service sont orphelins depuis juillet de leur restaurant d’application. Si la justice a suivi son cours – trois mineurs extérieurs à l’établissement ont été interpellés et jugés en août dernier, reste la facture des dégâts et celle de la reconstruction. « Le préjudice a été estimé à 40 millions de francs entre la perte de la structure, et celle du matériel, explique Stéphanie Stumph. En revanche, le coût global lié à la reconstruction et à la réhabilitation, à la mise en sécurité ainsi qu’au rachat de matériel est plus proche des 200 millions. »
Des aides du gouvernement et de la province Sud ?
Une facture que la Direction diocésaine de l’école catholique en Nouvelle-Calédonie, la DDEC NC, n’a pas les moyens d’endosser. La directrice du lycée Jean XXIII s’est donc tournée vers le gouvernement et la province Sud, lesquels attendent les devis finalisés pour se prononcer sur les aides possibles. Peu après la survenue du sinistre, le troisième vice-président de la province Sud Loïc Basset-Creugnet s’était rendu sur place avec le maire de la commune Antoine Romain, pour « témoigner de son plein soutien à la communauté éducative » et dénoncer « un acte révoltant d’autant plus qu’il frappe directement des jeunes qui ont choisi de construire leur avenir dans les métiers du tourisme et de l’hôtellerie. À l’heure où la diversification économique est vitale pour la Nouvelle-Calédonie, le tourisme constitue une filière stratégique, porteuse d’emplois, de savoir-faire et d’avenir ». Le gouvernement avait lui aussi fait part de son indignation et de sa solidarité.
Des vidéos du sinistre diffusées sur les réseaux sociaux
Si les dégâts provoqués par la mise à feu de la case de l’établissement sont donc cette fois plutôt mineurs, ils laissent d’autres traces : « C’est un élève du lycée qui a été l’incendiaire », précise Stéphanie Stumph, qui a dû s’exprimer sur le Facebook de l’établissement pour « condamner fermement un geste intolérable », mais aussi demander aux familles de sensibiliser leurs enfants pour supprimer des vidéos et publications liées à l’incident. « Un autre point me préoccupe particulièrement. Plusieurs élèves ont eu pour premier réflexe de filmer l’incendie et de diffuser des vidéos sur les réseaux sociaux, parfois avec des rires ou des commentaires déplacés, au lieu d’alerter immédiatement les adultes présents et les secours », a indiqué la directrice.
Des élèves redéployés au GIEP
Le message a selon elle été entendu par des parents qui ont fait suivre à leurs enfants la demande de suppression de contenus litigieux. Depuis le premier incendie du mois de juillet, la direction n’a pas chômé: une partie ses élèves a été redéployée dans les locaux du GIEP à Nouville. « Je continue de retrousser mes manches pour ceux qui veulent s’en sortir. C’est ceux-là qu’il faut aider et mettre en avant. Ils sont aussi des victimes ». Stéphanie Stumph cherche maintenant également des solutions pour que la case puisse retrouver rapidement sa fonction, ou à défaut, pour trouver un autre endroit susceptible d’abriter les élèves en cas de pluie et pour leurs activités physiques. La cheffe d’établissement du lycée Jean XXIII de Païta organise encore avec la gendarmerie de Païta des actions de formation et de sensibilisation aux réseaux sociaux. Stéphanie Stumph veut faire preuve de « résilience » et invoque une citation de l’ancien pape, qu’elle dit partager volontiers avec ses élèves : « Où que tu ailles, vas-y avec ton cœur ».
I.P.

