Trois jeunes de 14 à 18 ans devant la justice pour avoir fait subir les pires sévices à un habitant de Normandie, fragile, vulnérable et handicapé à 80 %. Un épouvantable dossier devant la correctionnelle pour lequel le principal accusé, avec un casier judiciaire déjà bien chargé, risquait 20 ans de prison. Il n’en a eu que 6. Quant aux deux mineurs, ils sont en liberté, ils seront jugés plus tard. Pourtant la Procureure de la République avait prévenu : « Ce n’est pas le premier dossier d’extorsion et de séquestration que nous traitons ces derniers mois », a-t-elle dit à l’audience, soulignant même qu’en termes de violence et de barbarie, « on atteint des sommets particulièrement inquiétants pour la jeunesse du territoire ». Ce cas n’est pas isolé, hélas, il met en scène une jeunesse pour laquelle il n’y a plus rien à faire, parce qu’il est trop tard et que la cassure avec la société, le monde et la réalité, est trop profonde. Et parce qu’aussi nous ne voulons plus rien avoir à faire avec ces jeunes violents, dont nous réclamons qu’ils soient mis au ban de notre société, qu’ils mettent en danger par leurs agissements. Mais la justice a-t-elle les outils, sinon les armes et la volonté, pour faire face et réduire cette violence au silence ? C’est toute la question qu’on se pose, en n’oubliant jamais que la justice arrive ici en bout de chaîne pour tenter de réparer toutes les erreurs commises auparavant par la famille, l’école, la coutume.
Lucien Lacombe
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