Ces derniers jours, l’Inde a accueilli le sommet des BRICS, ce qui a valu quelques déconvenues à Air Calédonie International. Au-delà, ce sommet a été consacré pour l’essentiel aux questions relatives aux minerais critiques et aux terres rares, donc au nickel.
Les BRICS sont un groupe de dix pays qui veut rivaliser avec le G7 et qui se réunit chaque année. On y retrouve la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie, l’Iran, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, les Émirats arabes unis et l’Égypte. On le sait, les minéraux critiques tels que le lithium, le cobalt, le nickel, le cuivre, le graphite et les terres rares sont essentiels à la fabrication de véhicules électriques, de batteries, de semi-conducteurs, de panneaux solaires, d’éoliennes, mais aussi et surtout de systèmes de défense de pointe. Or, leur approvisionnement est fortement menacé.
Selon le journal The Times of India, lors de ce sommet de New Delhi, les dirigeants ont appelé « à des chaînes d’approvisionnement fiables, diversifiées et résilientes pour les minéraux nécessaires aux technologies énergétiques à émissions nulles et faibles et à la sécurité énergétique ». Dans ce contexte, le gouvernement de Narendra Modi a signé en mai dernier un accord-cadre avec les États-Unis pour l’extraction et le traitement des minéraux critiques et des terres rares. Dans le même temps, la société d’État Khanij Bidesh India Limited s’est associée au bureau australien des minéraux critiques pour mener des explorations conjointes. L’Inde a rejoint l’initiative du Quad – un pacte économique et stratégique signé en mai 2026 par quatre pays : les États-Unis, l’Australie, l’Inde et le Japon – afin de mettre en place des réseaux d’approvisionnement résilients et fiables. Et puis, surtout, elle collabore avec la France au sein d’un groupe de travail conjoint dédié.
Acquérir des gisements miniers à l’étranger
La première réunion de ce groupe de travail, le « India-France Joint Working Group on Critical Minerals », s’est tenue à New Delhi en juillet dernier. Les travaux et les discussions ont porté sur l’exploration, l’extraction, la transformation, le recyclage et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques et en terres rares.
Selon l’ambassadeur d’Inde en France, Sanjeev Kumar Singla : « Concernant les technologies critiques et émergentes, nous avons décidé de constituer un groupe conjoint de développement de technologies de pointe et d’adopter une déclaration d’intention commune pour coopérer dans le domaine des minéraux critiques. Une lettre d’intention a également été signée pour établir un centre dédié aux matériaux avancés entre notre Département des sciences et de la technologie et le CNRS français, l’une des plus grandes institutions scientifiques au monde, particulièrement axée sur la recherche fondamentale. Nous avons par ailleurs signé un avenant à la convention fiscale bilatérale visant à éviter la double imposition entre nos deux pays. »
Rappelons qu’en février dernier, le Premier ministre Narendra Modi et le président Emmanuel Macron, dans une déclaration commune, ont convenu d’approfondir leur coopération dans ce secteur. Alors que le Service géologique de l’Inde annonce avoir entrepris 300 projets d’exploration de minéraux critiques rien que cette année, The Times of India indique que « le gouvernement encourage également les entreprises privées à acquérir des gisements miniers à l’étranger, à entreprendre l’exploitation minière et le semi-traitement, puis à importer la matière première en Inde ».
Et parmi les gisements miniers dont il est question figurent ceux de Nouvelle-Calédonie, ce qui explique la présence d’intérêts indiens autour de nos usines métallurgiques, et plus certainement encore l’adresse du chef de l’État, qui est opposé à une présence chinoise au sein de la filière nickel calédonienne.
J.D

