L’État a officialisé la création d’une quatrième compagnie du Régiment de service militaire adapté (RSMA) en Nouvelle-Calédonie d’ici 2030. C’est le site de la ZAC Panda, sur la commune de Dumbéa, qui a été retenu.
C’est une annonce qui n’est pas nouvelle mais qui se précise encore un peu plus. Dans le cadre du plan jeunesse, quatrième pilier du pacte de refondation économique et sociale de la Nouvelle-Calédonie, le Premier ministre avait annoncé la création d’une nouvelle compagnie de RSMA sur le territoire afin de « renforcer les capacités d’accompagnement, de formation et d’insertion socio-professionnelles de la jeunesse calédonienne, surtout celle la plus éloignée de l’emploi ». « La Nouvelle-Calédonie a besoin de perspectives, et sa jeunesse en a besoin maintenant. Cette quatrième compagnie du RSMA, ce sont davantage de jeunes formés, davantage de compétences et davantage de passerelles vers l’emploi. C’est exactement là que l’État doit être : aux côtés de la jeunesse calédonienne pour préparer l’avenir », a déclaré Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer.
Sept sites étudiés
Restait alors à déterminer le nouveau lieu. Et, après Bourail, Koné et Koumac, c’est à Dumbéa, et plus précisément sur le site de la ZAC Panda, que le RSMA va finalement poser ses valises. « Ce choix intervient après un travail rigoureux de sélection. Sept sites ont fait l’objet d’études et de reconnaissances afin d’identifier l’implantation la plus adaptée aux besoins opérationnels et aux perspectives de développement », précise le Haut-commissariat dans un communiqué.
Selon les informations communiquées, le site de la ZAC Panda, qui offre en plus une accessibilité notable et des possibilités d’extensions à l’avenir, présentait ainsi des garanties supplémentaires, notamment concernant la faisabilité, le calendrier et la pérennité. « C’est une grande fierté pour la commune d’avoir été choisie pour l’implantation dans le Grand Nouméa de cet outil, a réagi la municipalité dumbéenne dans un communiqué. La Ville de Dumbéa s’engage à être un partenaire actif pour la réussite de ce projet et pour que l’installation de ce dispositif structurant se déroule dans les meilleures conditions en étroite collaboration avec le RSMA-NC et les services du Haut-commissariat de la République. »

Une déception pour le Mont-Dore
Par voie de communiqué, la maire du Mont-Dore, Nina Julié, a également réagi à la désignation de la ville dumbéenne, évoquant pour sa part « une grande déception ». Car la municipalité mondorienne était également en course pour accueillir le RSMA sur ses terres. « Depuis plusieurs mois, nous avions beaucoup travaillé pour accueillir ce projet auquel nous croyions profondément. Une implantation avait été identifiée à Plum, à proximité du RIMAP, et la commune avait pris des engagements forts pour faciliter sa réalisation », explique-t-elle, mettant en avant des « atouts nombreux » comme le foncier disponible, l’environnement économique favorable à la formation et à l’insertion des jeunes, la proximité du RIMAP ou encore du littoral. « Ma déception est d’autant plus grande au regard de ce que le Mont-Dore a vécu depuis 2024, poursuit-elle. Au-delà du projet lui-même, l’implantation du RSMA aurait été un signe fort de la présence de l’État aux côtés d’une population qui a beaucoup souffert et qui a besoin de retrouver confiance. »
Malgré cette déception, Nina Julié conserve sa détermination et entend bien mener à bien des grands projets pour le Mont-Dore. Une manière aussi de solliciter une nouvelle fois l’Etat : « Aucun projet de notre commune n’a été retenu dans la deuxième phase du plan de relance. Nous comptons donc sur le soutien de l’État sur deux enjeux majeurs pour notre avenir : la sécurité et le viaduc, indispensable à la sécurisation des automobilistes et à la relance de l’investissement en Nouvelle-Calédonie », a-t-elle expliqué. Et de conclure : « Ma détermination reste intacte : faire revivre le Mont-Dore, lui redonner sa sécurité, son attractivité, son dynamisme et sa fierté. »
C.G.

