Scène d’horreur à Nouméa : le 5 septembre dernier, trois jeunes ont séquestré, ligoté, frappé, humilié et tailladé pendant des heures un homme reconnu comme handicapé mental dans son propre appartement. Déshabillé de force et recouvert de dentifrice, il a été pris en photo dans des positions humiliantes. Laurent O., le principal bourreau, a écopé de six ans de prison ferme. Ses deux complices, âgés de 14 et 15 ans, ont été laissés en liberté avant d’être jugés le mois prochain.
Rien ne lui aura été épargné, jusqu’aux sévices les plus sadiques. Ce 5 septembre, en rentrant chez lui avec ses courses à la main, un homme de 54 ans ne le sait pas encore, mais il vit les derniers instants d’une vie ordinaire. Sans qu’il s’en rende compte, trois silhouettes le suivent depuis la rue. Alors qu’il ouvre la porte de son immeuble, dans le quartier de Normandie (Nouméa), elles s’engouffrent derrière lui dans le hall. L’une brandit une hache, l’autre un couteau. « Ils portaient des cagoules mais je les ai reconnus », dira la victime aux policiers. Dans le quartier, tout le monde le connaît. Et tout le monde sait qu’il est déficient mental, reconnu handicapé à 80 %, qu’il vit seul et qu’il touche une pension. C’est précisément pour cela qu’il a été ciblé. Et pour cela qu’il va vivre les pires heures de sa vie. Lors d’un interminable huis clos.
Dans l’entrée de l’immeuble, le trio s’empresse de lui faire les poches sous la menace des armes blanches. Téléphone, clés, cigarettes. Puis on le pousse dans l’escalier, jusqu’au troisième étage. On le menace de le « hacher ». L’un d’eux ouvre la porte de son appartement. La victime est contrainte d’y entrer.
Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche


